07.10.2025

Projet

Vision du jardin urbain


Des bunkers comme espaces multifonctionnels

Avec des clubs comme Uebel & Gefährlich ou Terrace Hill ainsi que des agences de publicité et de promotion, l’ancien bunker antiaérien de Hambourg “Feldstraße” est tout à la fois : mémorial de guerre, lieu de créativité et lieu de manifestations. Depuis 2014, Hilldegarden, un groupe de riverains, s’engage en outre pour un jardin urbain sur le toit de l’ouvrage de protection. Car à l’avenir, le bunker haut doit aussi être synonyme de développement urbain durable.


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Un jardin urbain doit voir le jour sur le bunker. (Visualisation : bureau d'études Bunker/Matzen Immobilien

Hambourg est un haut lieu du bunker : aucune autre ville allemande n’a construit autant d’abris militaires pendant la Seconde Guerre mondiale que la ville hanséatique. A la fin de la guerre, on comptait 1 051 installations – dont des bunkers hauts, tubulaires, ronds et des tours de protection aérienne. La raison en était le “Führer-Sofortprogramm” des nationaux-socialistes, décrété en 1940, qui prévoyait la planification et la construction d’abris antiaériens dans le Reich allemand.

Le bunker le plus connu de Hambourg se trouve sur le Heiligengeistfeld à St Pauli. L’ancienne tour antiaérienne, un bâtiment de défense et de protection antiaérienne construit en béton avec des armatures en acier, mesure 75 mètres de large sur 75 et ne peut guère être ignoré. Avec ses 40 mètres de haut, le bunker est un élément marquant du paysage urbain. Sous la direction d’Albert Speer, environ 1 000 travailleurs forcés ont construit le bunker en seulement 300 jours. Plus de 30 000 personnes y ont parfois trouvé refuge, notamment lors des violents raids aériens sur Hambourg à l’été 1943.

Après 1945, les Hambourgeois ont rapidement réutilisé le bunker en hauteur. Comme il y avait une grande pénurie de logements après la guerre, il a d’abord servi d’abri temporaire à la population civile. Les habitants dans le besoin et les critiques acerbes du nouveau gouvernement de Max Brauer ont empêché l’occupation britannique de faire sauter la tour en 1947. Qu’ils servent d’entrepôts, de chaufferies ou de salles d’attente, de points de distribution de repas d’urgence ou de logements, de nombreux bunkers ont conservé des fonctions importantes dans la vie urbaine après l’occupation de la ville hanséatique. Pendant la guerre froide, les abris antiaériens intacts ont ensuite été réactivés. En raison de sa présence et de sa visibilité, le bunker Feldstraße est devenu un mémorial important de Hambourg. Il est un monument marquant contre la guerre et le fascisme.

Du mémorial de guerre au bunker de la musique et des médias

Aujourd’hui, ce bâtiment classé monument historique n’est pas seulement l’un des plus importants monuments commémoratifs de Hambourg, mais aussi un point de repère pour les créatifs, les noctambules et les médias. Dès les années d’après-guerre, les premiers créateurs se sont installés dans le bunker du Heiligengeistfeld : La première rédaction de la maison d’édition Axel Springer se trouvait à l’un des étages supérieurs et c’est ici que l’on travaillait sur les premières éditions du magazine “Hörzu”. En hiver 1952, la NDR a diffusé pour la première fois le journal télévisé depuis le bunker. Dans les années 1990, le droit d’emphytéose du bâtiment a finalement été vendu pour cinquante ans à l’entrepreneur hambourgeois J. C. Matzen. À partir de là, d’autres entreprises de médias et finalement le club de musique “Uebel & Gefährlich” s’y sont installés.

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Cet article est paru dans Garten+Landschaft 11/2018 avec pour thème “Construire sur l’identité : Comment l’industrie devient culture architecturale”.

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