26.01.2026

Habiter

Une imbrication artistique

“Continuer à construire”, telle était la devise de l’extension d’une maison jumelée à Aix-la-Chapelle. Avec un sens aigu de l’existant, le bureau d’architectes Amunt a créé une extension qui relie de manière artistique l’ancien et le nouveau.

La petite maison, située dans une cité ouvrière à la périphérie nord d’Aix-la-Chapelle, a été achetée en 2010 par une famille de trois personnes. La surface utile de 70 mètres carrés s’avérant trop petite, il était clair dès le départ qu’il fallait procéder à un agrandissement. La solution a été une extension de deux étages qui reprend habilement le cubage du bâtiment existant tout en générant un corps de bâtiment ouvert et autonome.

Le thème architectural de l’imbrication est le fil conducteur du bâtiment. Tant la forme du volume que l’organisation spatiale suivent ce principe. Alors qu’au rez-de-chaussée, l’extension est clairement identifiable comme une nouvelle partie du bâtiment grâce à l’ossature en béton laissée apparente, à l’étage, elle reprend la forme du toit de l’existant et crée une sculpture de toit polygonale qui associe l’ancien et le nouveau.

Le plan fonctionne de manière analogue. Le salon et la salle à manger qui ont été ajoutés sont conçus comme un “espace jardin” ouvert. La grande surface vitrée offre une vue sur le jardin, tandis que la façade en briques de l’existant devient un mur intérieur. L’étage supérieur abrite quatre chambres à coucher, dont deux dans l’annexe. Grâce à la superposition spatiale à l’intersection des surfaces de toit, la salle de bains intérieure peut être éclairée naturellement par un puits de lumière. En même temps, son plafond sert de mezzanine pour la chambre d’enfant adjacente. La cage d’escalier, qui constitue une zone de transition, revêt une importance particulière. Elle a été agrandie d’un espace d’air, ce qui permet de lire le plafond à poutres en bois de l’extension, laissé visible à l’étage, tout comme le mur en briques de l’existant.

C’est dans la façade que le thème de l’imbrication est le plus évident. La brique de béton léger et de pierre ponce non crépie de l’extension se fond dans la brique de l’existant au niveau de la rive. Les deux parties du bâtiment se fondent en une unité, mais se distinguent en même temps l’une de l’autre par la “couture” qui s’est créée.

Les architectes souhaitaient retirer au bâtiment son côté “nouveau et dur” et reprendre le caractère du lotissement dans leur projet. Grâce à des interventions précises, ils y sont parvenus. Ils ont créé un corps de bâtiment homogène dont l’histoire reste lisible.

Les photos : Filip Dujardin

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