14.09.2025

Projet

Un bosquet pour Venise

La contribution autrichienne à la Biennale d’architecture de Venise de cette année s’intéresse aux parlements du monde entier. Sous le titre “Plenum. Lieux de pouvoir”. le curateur Christian Kühn présente ces lieux où siègent les représentants du peuple. Sur les murs du pavillon autrichien trônent quelque 200 maquettes blanches de bâtiments parlementaires nationaux à l’échelle 1:500. Dans l’espace libre, dans la petite cour intérieure du pavillon, une installation en plein air reprend les thèmes de la démocratie, de la représentation et du contre-public. Le jardin, organisé et planté de manière apparemment aléatoire, est l’œuvre des architectes paysagistes Maria Auböck et János Kárász. Des plantes ligneuses du monde entier viennent contrecarrer la trame carrée en béton. Des plantes exotiques intéressantes ont été plantées comme Parrotia persica, Punica granatum, Acer palmatum viridis “Dissectum”, Lagerstroemia indica, Nerium oleander, Cercissiliquastrum, Gleditisa triacanthos “Skyline” ou Acer buergerianum.

Installation d'espace libre dans la cour du pavillon autrichien à la Biennale d'architecture 2014 (photo : Andreas Balon)
Installation d'espace libre dans la cour du pavillon autrichien à la Biennale d'architecture 2014 (photo : Andreas Balon)
Installation d'espace libre dans la cour du pavillon autrichien à la Biennale d'architecture 2014 (photo : Andreas Balon)
Installation d'espace libre dans la cour du pavillon autrichien à la Biennale d'architecture 2014 (photo : Andreas Balon)

Auböck et Kárász voient dans ce jardin une métaphore des formes actuelles, limitées dans le temps, de la formation de la volonté et de l’opinion. “Si les parlements représentent l’espace social d’un rituel bien ancré, ici se déploie un espace flottant qui n’est défini que par le mouvement du visiteur qui y pénètre. Cette expérience en mouvement est un thème central de l’aménagement paysager, qui occupe les artistes des jardins depuis des siècles. Les jardins de l’Aufklarung au XVIIIe siècle, qui reposent sur ce phénomène de perception par le mouvement, constituent un pont vers l’histoire de l’architecture paysagère. La croissance des arbres complète cette expérience cinétique par un mouvement extrêmement ralenti. Il en résulte une enceinte temporaire avec un autre principe d’ordre – marquée par une proximité dense, par la lumière et l’ombre, par des passages bruyants et silencieux. Il s’offre une suggestion de perte de soi : un lieu stimulant pour réfléchir, s’attarder, cultiver la rencontre. Ce que nous voyons et ce sur quoi nous marchons, c’est l’abolition de ce qui est habituel dans le lieu, de ce qui est supposé être authentique. Les grandes dalles de la cour cèdent la place à de jeunes arbres qui prolifèrent, la structure formelle semble légèrement basculée, transformée, elle devient plus indéterminée”.

Le groupe d’artistes Kollektiv/Rauschen assure un fond sonore permanent dans le jardin. Une installation sonore interactive s’intéresse au discours politique dans les médias sociaux tels que Twitter, Facebook et autres réseaux.

Scroll to Top