Une petite entreprise italienne produit des tuiles solaires qui ne se distinguent pas visuellement des tuiles en terre cuite. Elles peuvent ainsi être utilisées dans des environnements architecturaux sensibles.
Dans le parc archéologique de Pompéi, l'ancienne "maison de Cérès" a été équipée de tuiles solaires. Une démarche qui pourrait également profiter à d'autres villes, comme Dubrovnik en Croatie. Photo : David Edkins / Unsplash
Générateur d'électricité invisible et réversible
Les toits solaires sont utiles, ils ne sont pas beaux. Dans un environnement historique, il n’est pas rare que les grands champs de panneaux sombres et brillants soient gênants, par exemple lorsqu’ils sont montés sur les toits en tuiles des anciennes fermes. En effet, c’est justement lorsque les bâtiments sont largement dégagés, comme c’est souvent le cas dans les zones rurales, que les modules solaires se font remarquer de manière particulièrement désagréable. D’autre part, dans le contexte du changement climatique, faut-il vraiment interdire les installations photovoltaïques, surtout si elles constituent une intervention réversible sur la structure du bâtiment ? La solution à ce dilemme pourrait être apportée à l’avenir par une nouvelle génération de tuiles solaires, dont la fonction de générateur d’électricité n’est plus à démontrer.
L'aspect de l'argile cuite - un matériau parmi d'autres
La tuile solaire de l’entreprise italienne Dyaqua fait actuellement fureur dans les médias. Il s’agit d’une tuile monastique classique, utilisée depuis l’Antiquité. Habituellement, ces tuiles sont fabriquées en argile. La tuile “Invisible Solar” est en revanche composée d’un composite polymère recyclable. Des cellules standard en silicium monocristallin sont intégrées dans ce matériau composite et sont invisibles à l’œil nu. Cependant, la lumière du soleil traverse la surface du polymère et alimente les cellules en énergie.
Le composite polymère ne permet toutefois pas seulement de créer l’aspect de l’argile cuite. À l’avenir, il sera également possible d’imiter à s’y méprendre des surfaces telles que la pierre naturelle, le ciment, le béton ou même le bois.
Tuiles solaires selon la technique classique du "moine et de la nonne
Ce nouveau produit offre ainsi d’innombrables possibilités d’application. L’installation de la tuile solaire est très simple. Elle est posée selon la technique classique du “moine et de la nonne”. Cela signifie que les tuiles solaires sont placées avec la courbure vers le haut dans un “lit” de tuiles en terre cuite qui sont disposées “dos” à la surface du toit. Les tuiles solaires sont ensuite reliées électriquement entre elles par des broches métalliques. Le câblage avec le réseau électrique se fait au niveau de la tuile la plus basse de chaque rangée. Les frais d’installation sont ainsi réduits et le système convient donc parfaitement à une utilisation sur des bâtiments historiques sensibles.
Le projet de tuiles solaires à Pompéi
Elle le prouve depuis l’année dernière dans le parc archéologique de Pompéi. En 2022, la “maison de Cérès” antique y a été recouverte de tuiles solaires. Cette maison d’habitation, mise au jour en 1951, a conservé d’importantes peintures murales romaines et des sols en mosaïque. L’électricité produite par les tuiles solaires est utilisée pour éclairer ces mosaïques et ces peintures. Ainsi, le parc archéologique peut augmenter son attractivité pour les visiteurs sans perturber les sites de fouilles par des lignes électriques. Enfin, cela permet de réaliser des économies d’énergie. De nombreuses communes possédant des sites urbains classés ont d’ores et déjà décidé de suivre l’exemple de Pompéi et de miser à l’avenir également sur les tuiles “Invisible Solar”.
L’entreprise italienne Dyaqua présente sur son site web la nouvelle technique autour des tuiles solaires.
Les toits du campus futuriste de Google en Californie ont également été recouverts de 90.000 tuiles solaires. Pour en savoir plus sur le campus Google de BIG, cliquez ici.
