14.09.2025

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“Take Over”, Andrés Reisinger – Architecture en robe de tulle rose

"Take Over" à Londres, © Andrés Reisinger

"Take Over" à Londres, © Andrés Reisinger

La série “Take Over” de l’artiste Andrés Reisinger attire tous les regards : des bâtiments du monde entier disparaissent sous des bandes de tissu rose pelucheux. Mais les œuvres d’art ne sont pas ce qu’elles semblent être.

"Take Over" à Rome, © Andrés Reisinger
"Take Over" à Rome, © Andrés Reisinger

Un contraste de couleurs dans le gris du quotidien

Andrés Reisinger, un artiste numérique et designer argentin, aime le rose. Son amour pour cette couleur se manifeste dans sa série artistique “Take Over”. Pour cela, il habille les grandes villes de bandes de tissu rose pâle et les fait couler sur les rues et les bâtiments. Des “boules de coton” douces, moelleuses, légères et parfois même poilues sont drapées sur des architectures historiques et enchantent les gens du monde entier.

La couleur et la texture des œuvres d’art manifestent également la prédilection de Reisinger pour les univers visuels surréalistes et oniriques. Les œuvres de Reisinger et de son studio se caractérisent souvent par des formes douces et organiques et une utilisation ludique de la couleur et de la texture. En outre, les tissus roses, avec leur structure duveteuse et fluide, contrastent avec les arêtes dures de l’environnement urbain – et forment un contraste de couleurs surprenant au milieu de la grisaille quotidienne.

"Take Over" à Amsterdam, © Andrés Reisinger
"Take Over" à Amsterdam, © Andrés Reisinger
"Take Over" à Amsterdam, © Andrés Reisinger

Trompeur et pourtant pas réel

Lorsque des photos de “Take Over” apparaissent dans les flux des médias sociaux, les gens devraient y regarder à deux fois. Qu’il s’agisse de bâtiments pompeux et connus ou de simples bâtiments insignifiants qui s’illuminent soudainement en rose au cœur de métropoles mondiales, ils attirent tous véritablement le regard et créent la surprise. Cette surprise est encore plus grande lorsqu’on comprend ce qui se cache derrière ces installations. Car celles-ci ne sont pas réelles. Dans le cas de “Take Over”, il s’agit d’art numérique, sous forme de rendus à s’y méprendre.

"Take Over" à Londres, © Andrés Reisinger
"Take Over" à Londres, © Andrés Reisinger
"Take Over" à Londres, © Andrés Reisinger
"Take Over" à Londres, © Andrés Reisinger

Take Over : l'art qui brise les frontières

Andrés Reisinger se définit lui-même comme un artiste qui ne souhaite pas être classé dans une forme d’art spécifique. Il crée des intérieurs, des meubles, des pièces et de l’architecture – et tout cela dans l’espace numérique. Pour ce faire, il utilise généralement des outils numériques, comme des logiciels de rendu 3D. Il souhaite créer des projets qui brouillent les frontières entre la réalité et l’imagination.

Andrés Reisinger © Mark Cocksedge
Artiste et designer Andrés Reisinger, © Mark Cocksedge

Andrés Reisinger entre corporalité et abstraction

La confusion séduisante entre la corporalité et l’abstraction est la marque de fabrique de l’artiste, qui redéfinit également pour lui la question de la notion de réalité : Pour lui, tout ce qui représente une forme d’expérience est réel. Que cette expérience se déroule dans la sphère numérique ou physique ne joue aucun rôle pour Reisinger. Comme dans sa série “Take Over”, il associe les deux sphères. D’une part, il intègre des œuvres numériques dans l’espace physique et, d’autre part, il invite les spectateurs de cet espace à se plonger dans le monde de l’imagination et de l’illusion. Ce faisant, il ne fait pas seulement éclater les frontières entre le physique et le numérique, mais aussi celles de la géographie : “Take Over” emmène les spectateurs dans un voyage à travers les métropoles du monde.

"Take Over" à New York City, © Andrés Reisinger
"Take Over" à New York City, © Andrés Reisinger
"Take Over" à New York City, © Andrés Reisinger
"Take Over" à New York City, © Andrés Reisinger

Villes et tissus

Dans des villes comme Amsterdam, Londres, Paris, Rome, New York City ou Tokyo, les bandes de tissu numériques sont en quelque sorte des “vêtements architecturaux”. Tout comme la mode peut mettre en valeur certaines caractéristiques, émotions et personnalités, les tissus roses reflètent les caractéristiques des villes. À Paris, par exemple, il s’agit de silhouettes raffinées et minimalistes, tandis qu’à Londres, les bâtiments sont recouverts de couches de textures très variées. Les installations à Rome visent à capturer le glamour de la ville, en s’inspirant de celui des films de Cinecittá. À New York, Reisinger joue sur l’extravagance et la performativité, tandis qu’à Tokyo, on assiste à une véritable explosion de scénographies majestueuses et divertissantes.

"Take Over" à Paris, © Andrés Reisinger
"Take Over" à Paris, © Andrés Reisinger
"Take Over" à Paris, © Andrés Reisinger
"Take Over" à Rome, © Andrés Reisinger

Médias sociaux - Le petit musée d'Andrés Reisinger

Comme “Take Over” est exclusivement une œuvre d’art numérique, sa diffusion est également numérique. Reisinger a donc publié ses œuvres dans son propre petit musée : ses profils de médias sociaux. La démocratisation de l’art est également une idée importante. Dans les médias sociaux, il n’y a pas d’heures d’ouverture, pas de frais d’entrée ou de déplacement. L’art de Reisinger est ainsi accessible à un large public.

"Take Over" à Tokyo, © Andrés Reisinger
"Take Over" à Tokyo, © Andrés Reisinger
"Take Over" à Tokyo, © Andrés Reisinger
"Take Over" à Tokyo, © Andrés Reisinger

Suivre la dame rose

Le dévoilement des œuvres d’art sur les plateformes de médias sociaux a d’abord suscité de nombreuses demandes d’adresses et d’heures d’exposition. Les personnes intéressées voulaient voir les installations sur place. Ce malentendu souligne toutefois le message central de “Take Over” : les spectateurs sont invités à remettre en question leur perception de l’espace urbain et à prendre en considération les possibilités et les capacités de l’art numérique, à découvrir comment il peut remodeler entièrement le monde qui nous entoure.

Reisinger le décrit avec ses propres mots : “Avez-vous déjà rencontré une dame portant un manteau de fourrure rose ? Elle est fascinante, une expérience visuelle qui rappelle un défilé de mode ou un autre type d’expérience “in real life”. Ne suivez pas le lapin blanc, mais la dame rose, où qu’elle vous mène”.

À propos de rêve rose : connaissez-vous déjà l’histoire architecturale de la maison de rêve de Barbie?

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