19.01.2026

Projets

Tabriz était-elle un centre de savoir médiéval ?

L’antenne de Téhéran a décidé, en collaboration avec les autorités iraniennes de Tabriz, de lancer un vaste programme de restauration et d’étude scientifique de l’enceinte de la ville médiévale et de la citadelle de Rab-e Rashidi. La mise en valeur touristique du site des ruines estégalement en cours de planification.

En novembre 2016 déjà, les parties concernées, la Tabriz Islamic Art University (TABRIZIAU ; président Dr. M. A. Keynejad), la ville de Tabriz (maire Dr. Sadegh Najafi), et l'autorité iranienne des antiquités de la province d'Azerbaïdjan oriental (Dr. Morteza Abdaar) ont pu signer un accord correspondant pour la restauration et l'étude de l'enceinte de la ville médiévale et de la citadelle de Rab-e Rashidi. Photo : Département Eurasie du DAI/Judith Thomalsky
Au premier plan, on distingue les vestiges de la citadelle médiévale Rab-e Rashidi avec les constructions safavides. Photo : DAI département Eurasie/Judith Thomalsky
Sous le château, des archéologues iraniens ont mis au jour des vestiges de construction ilkhanides. Photo : DAI département Eurasie/Judith Thomalsky

Quelles sont les mesures à prendre maintenant ?

Au début du 14e siècle, le complexe Rab-e Rashidi et son quartier ont été planifiés par Rashid al-Din (1247-1318 après J.-C.) – un ministre sous le règne du souverain ilkhanide Ghazan Khan (1271-1304 après J.-C.). Le document de fondation – écrit par Rashid al-Din lui-même et daté d’août 1307 – donne une image très détaillée de la structure et des fonctions d’une fondation académique qui aurait compris, entre autres, une université, un observatoire, une production de livres et des logements pour les scientifiques. Rashid al-Din a mis en place un programme unique et très innovant pour l’époque afin de rassembler les élites du pays à Tabriz. De même, les sources historiques sur les structures administratives rapportent le nombre de personnes, de scientifiques et d’étudiants, mais aussi d’artisans et d’esclaves, qui ont travaillé et œuvré dans et pour le quartier. Après la mort de Rashid al-Din, l’engagement pour le grand projet ilkhanide a diminué. Environ 200 ans plus tard, une petite forteresse avec des bastions et un mur d’enceinte a été construite sur le site, dont les ruines dominent aujourd’hui la zone. Des vestiges de murs et des matériaux ilkhanides n’apparaissent que lors de différentes mesures modernes (plantation d’arbres, construction de caves) sur le site.

Le programme adopté vise à prendre des mesures urgentes de restauration des bâtiments visibles (tour à canons et partie nord du mur d’enceinte qui menace de s’écrouler) et à mettre en valeur le site à des fins touristiques. Des scientifiques et des étudiants de différentes facultés (architecture, restauration et conservation, archéologie) de la Tabriz Islamic Art University y seront associés. Un concours d’étudiants sera notamment organisé pour la mise en valeur touristique du site. Le DAI met à disposition un financement de départ. De plus, un programme de recherche à long terme est en préparation en coopération avec l’Institut d’études iraniennes et d’art et d’archéologie islamiques de l’Université de Bamberg.

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