21.09.2025

Projet

Superkilen 2012

Les parcs peuvent-ils fonctionner comme des lieux de rencontre multiethniques ? Une équipe interdisciplinaire de planificateurs a apporté une réponse à cette question à Copenhague avec Superkilen, le parc multifonctionnel spectaculairement équipé du quartier de Nørrebro.

Les photos : Hanns Joosten

À quoi ressemble un parc qui doit être utilisé par des personnes de 57 pays et d’origines culturelles différentes ? Qui doit avoir un effet intégrateur au-delà des ethnies, des religions et des langues ?

Superkilen, dans le quartier de Nørrebro à Copenhague, se targue d’offrir tout cela. Dans un quartier autrefois connu sous le nom de “carré noir”, où le trafic de drogue, la criminalité et les fusillades faisaient partie du quotidien, se trouvaient une friche ferroviaire et une usine de chemin de fer désaffectée. Et aujourd’hui, on y trouve le “Superkeil”, long de 750 mètres. Elle fait partie d’un vaste projet de rénovation du quartier, financé par la fondation Realdania et la ville de Copenhague. L’accent a été mis sur le centre culturel Nørrebrohallen, l’ancienne halle ferroviaire et le parc Superkilen.

BIG, Topotek 1 et Superflex, trois équipes d’architectes, d’architectes paysagistes et d’artistes tous plus créatifs les uns que les autres, ont vidé leurs coffres à jouets pour inventer un parc qui se distinguerait nettement de tous les autres à Copenhague. L’histoire ne dit pas laquelle des trois équipes a finalement eu l’idée de disperser dans le parc des objets provenant du pays d’origine des habitants et d’en faire le thème principal. Chacun le revendique pour lui-même. L’idée est évidente, car tout le monde sait comment, à l’étranger, les choses de chez soi se présentent sous un jour agréable, même si elles sont banales. Sortis de leur contexte, les objets sont volontiers déclarés art. BIG cite volontiers l'”Objet Trouvé” de Marcel Duchamp dans ce contexte. En somme, les bancs, les fontaines, les lampes, les jeux et les panneaux publicitaires anoblis en tant qu’art doivent symboliser le quotidien global.

Les photos : Hanns Joosten

Les habitants du parc ont été interrogés sur le mobilier qu’ils souhaiteraient voir dans le parc et qui proviendrait de leur pays. Ces objets ont ensuite été soit reproduits à l’échelle 1:1, soit achetés dans les pays concernés. En outre, cinq équipes se sont rendues en Palestine, en Espagne, en Thaïlande, au Texas et en Jamaïque pour acheter certains objets. C’est ainsi qu’est née une collection de centaines d’objets provenant de 50 pays, qui font de Superkilen un musée particulier de l’art urbain quotidien. L’origine de chaque objet peut être lue sur une plaquette soigneusement apposée.

Le sport permet aux gens de se retrouver, même sans langue commune. Sur le terrain de football, il n’y a de toute façon pas de hors-jeu, il n’est donc pas nécessaire de l’expliquer. BIG appelle “machine d’intégration” les équipements sportifs de la place rouge, qui constitue le point de rencontre central de Superkilens. Musique, café et sport doivent y permettre la cohabitation urbaine. La Place Rouge, le Marché Noir et le Parc Vert forment ensemble Superkilen. Le marché noir doit servir de place classique avec des fontaines et des bancs. La fontaine au carrelage coloré, de style marocain, lutte contre les lignes blanches qui descendent en virage parallèle d’une colline d’asphalte abrupte. Une pieuvre noire d’origine japonaise se cache dans un coin ombragé en guise de terrain de jeu. Des tables d’échecs et des barbecues complètent l’offre à l’ombre des cèdres et des palmiers chinois. […]

Vous pouvez lire ce qui caractérise la section “parc vert” dans Garten+Landschaft 10/2012 – Urbane Räume.

Vous trouverez une vidéo sur les artefacts du monde entier ici.
Vous pouvez lire une analyse actuelle de la place ici.

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