02.10.2025

Society

Sortir avec respect


Pas assez offensif

Dimanche, la sénatrice berlinoise du bâtiment Kathrin Lompscher a démissionné de son poste. Pendant plusieurs années, elle a omis de rembourser à la caisse du Land des indemnités pour des postes au conseil de surveillance d’entreprises appartenant au Land. Entre-temps, elle a versé la somme de 7.000 euros à la caisse du Land, mais le parquet de Berlin a tout de même ouvert une enquête préliminaire pour fraude fiscale contre la politicienne de gauche. Un commentaire sur la chute soudaine de la championne du plafond des loyers à Berlin.

“Est-ce qu’on va enfin construire, Monsieur Müller ?”, a demandé la presse locale au maire de Berlin. Comme si toutes les grues s’étaient arrêtées jusqu’à présent – c’est plutôt le contraire qui est vrai. Mais cette réaction journalistique excessive montre la réputation qui avait été faite à la sénatrice démissionnaire de la construction Katrin Lompscher (Die Linke).

Les représentants du secteur immobilier et l’opposition CDU et FDP l’ont fustigée en la qualifiant de “sénatrice empêchant la construction”. Ceux-ci s’offusquaient de son agenda de gauche pur et dur et de son “aveuglement idéologique”. En effet, elle ne s’est pas mise docilement au service de tous les investisseurs qui voulaient tirer profit de la pénurie de logements en construisant en masse et à grands frais de nouveaux bâtiments. D’une part, elle a presque exclusivement encouragé la construction de logements abordables. D’autre part, elle a également servi sa clientèle de gauche, qui exige la protection du patrimoine, la protection du milieu et le maintien de logements bon marché, et a renforcé la possibilité de participation des personnes concernées aux processus de planification – ce qui revient presque toujours à retarder les projets de construction selon la devise “not in my backyard”. En complément du plafonnement des loyers dont elle est coresponsable, il en a résulté un climat hostile aux entreprises, qui a freiné les modernisations et les projets de construction.

Il lui est également reproché de ne pas avoir été suffisamment offensive et rapide dans la mise à disposition de terrains appartenant au Land pour la construction de logements ainsi que dans les plans d’urbanisme. D’autre part, des retards ont également été causés par son insistance à mettre en place à temps les infrastructures sociales et de transport parallèlement à la construction de logements. Elle a toutefois dû arracher des terrains appartenant au Land au sénateur des finances (SPD), pour lequel la fourniture de logements ne figure pas en tête de liste des priorités. Quant aux transports nécessaires à l’ouverture de nouvelles zones résidentielles, ils relèvent de la responsabilité des Verts, un domaine dans lequel Lompscher ne pouvait pas non plus agir à sa guise.

Des excuses pour des erreurs personnelles

Ainsi, certains déficits retombent sur le maire au pouvoir (certains l’appellent l’administrateur), qui manque de décisions souveraines en matière de directives.
Si l’objectif ambitieux de 30.000 nouveaux logements pour cette législature est nettement manqué, avec probablement seulement 24.000 d’ici fin 2021, cela ne lui est que partiellement imputable. Un ou une successeur aura du mal à fournir de meilleurs chiffres.

Lompscher n’a pas trébuché sur des erreurs politiques, mais elle n’a pas déclaré et n’a pas payé d’impôts sur les rémunérations qu’elle a perçues de 2017 à 2019 dans le cadre de ses activités au sein du conseil de surveillance. Elle aurait dû les verser à la caisse régionale, à l’exception d’un forfait autorisé. Elle a maintenant versé 7.000 euros et informé le fisc. Ce n’est donc pas une somme à couper le souffle. Elle s’est néanmoins excusée pour cette erreur personnelle et a démissionné sans faire de bruit. On la croit plus que beaucoup d’autres lorsqu’elle dit qu’elle n’avait pas l’intention de s’enrichir. Née en 1962 à Berlin-Est, cette ouvrière qualifiée dans le bâtiment et urbaniste diplômée à Weimar poursuit avec passion des objectifs politiques ambitieux, est considérée comme intègre, se présente sans prétention et se déplace sans ostentation à vélo ou à pied dans la ville.

Une démission méritoire

Sa démission rapide est finalement méritoire, car elle prouve que le système de contrôle de la communauté démocratique par des instances éthiques et morales fonctionne encore dans ce pays. Une expérience rassurante face à la pulvérisation de la morale politique par le clown politique à la puberté tardive outre-Atlantique et ses adeptes sur d’autres continents. Mais au siège de la CSU et au ministère des Transports, on pourrait aussi tirer beaucoup d’enseignements de cette attitude.

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