22.12.2025

Événement

Skateboards à Kaboul

Des filles qui font du skateboard à Kaboul ? Une image qui n’a pas grand-chose à voir avec l’idée que nous nous faisons de l’Afghanistan. Et pourtant, ces images existent – à voir jusqu’au 17 octobre dans la recommandable exposition “The Good Cause : Architecture of Peace – Divided Cities” à la Pinakothek der Moderne de Munich. Elle dresse le portrait du travail de la plateforme néerlandaise Archis, un réseau d’architectes, d’urbanistes et de scientifiques.

Le titre quelque peu encombrant de l’exposition résulte de sa structure en deux parties. Dans la première partie, elle explore la notion de “paix négative”, une paix fragile qui dure tout juste le temps que les troupes de l’ONU sont stationnées sur place.

Dans de grands diagrammes, les organisateurs de l’exposition montrent les conflits actuels et, en réaction à ceux-ci, les moyens courants de maintien de la paix par l’armée, les différents gouvernements ou les organisations humanitaires. Ces analyses montrent clairement que c’est avant tout le facteur temps qui conduit à une “paix négative”. La reconstruction et, plus encore, la réconciliation des parties en conflit est un processus complexe qui dure souvent des décennies, une période que la politique ne peut pas toujours prendre en compte.

C’est là qu’intervient Archis en cherchant des approches pour une “paix positive”, basée sur la réconciliation, la confiance mutuelle et la continuité. Leur influence est documentée à l’aide d’exemples de cas sous forme de textes et de films.

C’est un chemin difficile, mais qui vaut la peine d’être parcouru, comme le montre l’un des exemples de l’exposition : une école de skateboard au cœur de Kaboul, appelée Skateistan, dans laquelle garçons et filles peuvent faire du skateboard ensemble et vivre ainsi un peu de normalité. Un autre projet est la restauration du Bagh-e Babur, un ancien jardin de palais à Kaboul. Le projet a débuté pendant la guerre. Aujourd’hui, le Bagh-e Babur est un lieu de rencontre public au cœur d’une ville dévastée par la guerre. Dans le cadre d’un autre projet, des planificateurs élaborent, en collaboration avec des responsables locaux, un manuel servant de guide pour la reconstruction contrôlée de la ville de Priština au Kosovo, détruite par la guerre. Ou encore, avec l’aide de la population locale, ils construisent un centre d’accueil pour une réserve de gibier en Afghanistan.

Tous ces projets sont réalisés en collaboration avec la population et impliquent différents groupes ethniques. Ils créent des emplois, de nouvelles voies de communication et donnent la possibilité de s’identifier à ce qui a été réalisé.

L’exposition fait partie du projet de recherche à long terme “Architecture de la paix”, qui s’enrichit constamment de nouveaux thèmes. L’un de ces thèmes s’intitule “Divided Cities” et dresse le portrait de villes divisées en Europe. Il constitue la deuxième partie de l’exposition et fait l’objet d’un autre article de notre part.

Photos de g. à d. : Skatetistan, Aga Khan Trust for Culture, AFIR Architects/Anne Feenstra

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