12.11.2025

Créer

Silencieusement plongé dans la hâte

avec laquelle il a remporté le week-end dernier le prix d'exposition de la société artistique de Lucerne. "Ce travail est pour moi une confrontation avec les différentes tranches d'âge

“Silencieusement plongé dans la précipitation”. C’est le titre de l’œuvre d’art de Simon Ledergerber, avec laquelle il a remporté la semaine dernière le prix de l’exposition de la société artistique de Lucerne. “Ce travail est pour moi une réflexion sur les différents âges que l’on traverse. La tonicité intérieure se modifie”, explique l’artiste. Une plaque d’acier rouillée, au bout de laquelle se trouve un grès bernois rectangulaire, sert d’analogie matérielle.

Il s’agit déjà de la deuxième distinction consécutive – au début du mois seulement, il a remporté l’une des contributions d’encouragement de la Fondation pour l’art et la culture du canton d’Uri. Et l’année 2018 sera vraisemblablement aussi une année passionnante pour Simon Ledergerber: En juin, il présentera une exposition de 600 mètres carrés à la Kunsthalle d’Arbon. En outre, dans le cadre du prix d’exposition de Lucerne, il bénéficiera d’un espace dédié à son art : “C’est une plateforme importante pour moi”, explique Ledergerber. L’aspect de l’œuvre d’art n’est pas encore clair. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il s’agira d’une œuvre unique : “J’aimerais bien faire une œuvre qui occupe tout l’espace”.

"Still in Eile versunken" à la Kunstgesellschaft de Lucerne. Photo : Mathias Arnold
"Gigantesque bijou" à la forteresse du Gothard. Photo : Luis Mutter
Mise en place du support métallique sur le bloc de marbre. Photo : Luis Mutter

Un joyau gigantesque

Le projet “Gigantisches Kleinod”, présenté en 2016 dans le cadre de l’exposition Dall altra parte de la Haus für Kunst Uri, était également une réflexion intensive sur l’espace. Il s’agit d’un parallélépipède de 300 kilos fixé au plafond de la forteresse du Gothard. “C’est ici qu’il y a cent ans, on faisait sauter et qu’on piquait à la main. Je voulais créer un pendant à cela, ciselé à la main”.

Le matériau a également joué un rôle important – Ledergerber a choisi du marbre blanc pour contraster avec le granit de la forteresse.

Atelier ou laboratoire

L’artiste s’intéresse également beaucoup à la technique, car la matière réagit différemment aux structures et aux conditions extérieures. Dans cette mesure, il ne se contente pas de concevoir une œuvre et de la terminer – au contraire : le passage par la matière est une partie essentielle du travail.

Selon les propres dires de Ledergerber, le résultat n’est pas forcément une œuvre que l’on peut placer dans son salon. Mais il ne s’agit pas non plus pour lui de faire de l’art vendable : “Je veux me consacrer à la chose. On a une dette envers l’œuvre”.

Scroll to Top