25.12.2025

Actualités de la branche Conservation du patrimoine

Série en ligne : L’avenir de la culture du bâti – Déclaration de Bianca Matzek

Dr Bianca Matzek (arch. dipl., EPF), architecte indépendante et conseillère en culture du bâti, Cologne

Dr Bianca Matzek (arch. dipl., EPF), architecte indépendante et conseillère en culture du bâti, Cologne

Quelle contribution la conservation des monuments historiques et les sciences de la restauration peuvent-elles apporter face à l’aggravation de la situation climatique, à la pénurie de ressources et à la crise énergétique ? Nous avons demandé à des experts de différentes disciplines de répondre à ces questions. Lisez ici la déclaration du Dr Bianca Matzek.

De multiples crises obligent actuellement à repenser les choses. Il y a la pandémie, les inondations, les incendies de forêt, la guerre. Comment voulons-nous vivre et construire à l’avenir ? Nous sommes confrontés à de nombreux nouveaux défis qui exigent des réflexions et des solutions complexes. Et c’est précisément là que les connaissances et le savoir-faire du champ professionnel varié et interdisciplinaire de la conservation du patrimoine sont nécessaires. Quelle contribution la conservation des monuments historiques et les sciences de la restauration peuvent-elles apporter face à l’aggravation de la situation climatique, à la pénurie de ressources et à la crise énergétique ? Nous avons interrogé des experts de différentes disciplines à ce sujet. Vous pourrez lire leurs réponses dans notre nouvelle série en ligne “L’avenir du patrimoine bâti”. Chaque semaine, nous publions sur www.restauro.de une contribution des experts, dont voici la déclaration de Bianca Matzek


La culture du bâtiment est une culture de la réparation

Avec sa culture de la réparation, pratiquée et vécue depuis des décennies, la conservation des monuments historiques minimise l’extraction, la fabrication et le transport de nouveaux matériaux de construction, évite les déchets et réduit les coûts économiques et écologiques. Elle constitue ainsi aujourd’hui le modèle central d’une économie circulaire de conservation dans le traitement du patrimoine bâti. La durée de vie des bâtiments, des équipements intérieurs et extérieurs ainsi que des espaces verts nécessite un entretien et une maintenance qui préservent les ressources. Cela se fait au moyen de méthodes de conservation spécialement développées à cet effet et éprouvées depuis longtemps, ainsi que de techniques de réparation durables. Un soin particulier est apporté aux matières premières et aux matériaux de construction utilisés ainsi qu’aux prestations artisanales (d’art). Les matériaux de construction écologiques sont utilisés en priorité, notamment pour les mesures de réparation des monuments historiques. Ils se caractérisent souvent par des constructions robustes, tolérantes aux erreurs et faciles à réparer, ainsi que par de faiblesémissions de CO2. L’objectif est de réutiliser l'”énergie grise” liée à ces éléments et matériaux de construction et de ne produire que très peu de nouveaux matériaux de construction. En fin de compte, la conservation des monuments historiques favorise le passage d’une société du tout-jetable à une société de la réparation écologiquement durable. Il est impératif, d’une part, de disposer de ressources financières et humaines suffisantes pour garantir des emplois à long terme et transmettre des connaissances à un large public. Chaque euro dépensé par l’État à titre d’aide se traduit par sept euros d’investissements privés dans la conservation des monuments historiques et contribue automatiquement à la création de valeur régionale.


La conservation des monuments et l'histoire de l'architecture comme matière obligatoire dans la formation initiale et continue

D’autre part, la conservation des monuments historiques et l’histoire de l’architecture devraient être fermement ancrées en tant que matière obligatoire dans la formation initiale et continue ainsi que dans tous les nouveaux cursus de bachelor et de master des disciplines de l’architecture et de la planification. En outre, il convient d’assurer et de développer les connaissances en matière de conservation des monuments et les compétences artisanales au fil des générations grâce à un nombre suffisant de spécialistes dans les établissements de formation existants et à créer.


Il faudrait créer davantage de centres de compétences en restauration artisanale

Il serait souhaitable que davantage de centres de compétence artisanaux (et européens) en matière de restauration soient créés, afin que l’utilisation experte de matériaux de construction historiques, tels que les mélanges de chantier pour enduits et mortiers, soit utilisée de manière professionnelle et transnationale dans le cadre de mesures de réparation, de remise en état et de conservation de l’ensemble du patrimoine bâti. La réutilisation et le réemploi de matériaux traditionnels existants, tels que la paille, l’argile et le bois, devraient devenir une évidence intergénérationnelle pour tout un chacun dans les décennies à venir, de sorte que la production de nouveaux matériaux de construction ne soit que très limitée. La conservation du patrimoine renforce ainsi l’idée de l’économie circulaire et serait un modèle pour la rénovation des bâtiments dignes d’être conservés. Ce serait, à mon avis, un véritable catalyseur vers la durabilité.

Dr Bianca Matzek (arch. dipl., EPF), architecte indépendante et conseillère en culture du bâti, Cologne


Participez !

Vous travaillez dans le domaine de la conservation du patrimoine, des sciences de la restauration ou de l’architecture – et vous souhaitez partager votre expertise ? N’hésitez pas à nous écrire ! Nous attendons votre réponse avec impatience.

Contactez-nous :
Dr. Ute Strimmer, Editor in Chief RESTAURO, u.strimmer@georg-media.de

Conseil : notre numéro 3/2023 de RESTAURO est spécialement consacré à la conservation du patrimoine architectural. Assurez-vous ici un abonnement d’essai (2 numéros avec 25 % d’avantage de prix + ePaper au prix de 30 euros).

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