04.04.2025

Society

Science citoyenne

dans "Citizen Science", Peter Finke plaide pour la reconnaissance du savoir profane.

La participation citoyenne est sur toutes les lèvres, et pas seulement dans les milieux de la planification. Il ne s’agit pas de dire que les citoyens sont généralement mieux à même de mettre en œuvre des projets. Mais plutôt que les citoyens apportent des connaissances locales, des expériences accumulées et des souhaits sur les lieux. Il est impossible pour les maîtres d’ouvrage, les planificateurs et les autres participants au projet de disposer de ces connaissances dans une mesure comparable.

Il en va de même pour le “savoir sous-estimé des profanes”, auquel se consacre le théoricien des sciences Peter Finke dans son livre “Citizen Science”. Ce livre porte ce titre anglais, car il n’existe pas de terme allemand équivalent, explique Finke. Lui-même professeur et ayant fait ses preuves dans le monde scientifique, il ne s’agit pas de déclarer superflues les sciences professionnelles et les scientifiques. Il considère les scientifiques professionnels comme les quelques alpinistes capables de gravir le sommet d’un 8000, mais qui n’y parviendraient jamais sans les nombreux assistants du camp de base.

Une large base est nécessaire pour l’excellence
Tout comme le sport de masse est la base d’un sport de haut niveau réussi, la science de pointe doit également reposer sur une large base. Il plaide pour que le savoir de tous, encore plus facilement accessible avec l’Internet mondial et la numérisation, soit reconnu et utilisé. En effet, le savoir des profanes n’est en soi ni meilleur ni pire que celui des scientifiques professionnels, il est surtout généré par une autre motivation ainsi que collecté et mis en relation d’une autre manière. En effet, les universités et les instituts de recherche dépendent souvent de fonds tiers, derrière lesquels se trouvent des bailleurs de fonds ayant des intérêts précis et qui, par conséquent, ne s’intéressent “que” à certains thèmes de recherche.

En revanche, les profanes commencent généralement à s’intéresser à certaines questions de leur quotidien pour des raisons très pratiques et à rassembler des connaissances à ce sujet. En outre, la pertinence des contenus est pour eux primordiale, alors que les professionnels attachent une grande importance à l’exactitude et à l’incontestabilité. Le fait que leurs recherches dans des domaines spécialisés aient une grande importance pour la majorité est secondaire.

Champs de connaissances plutôt que disciplines spécialisées
Finke voit une plus-value dans les résultats des profanes dans le fait qu’ils s’intéressent à des champs de connaissances et relient ainsi les connaissances de différentes disciplines. Les scientifiques, en revanche, restent la plupart du temps strictement dans leur discipline d’origine ; dans d’autres domaines, il y a un risque de dérapage, car ils ne sont pas les experts pour cela.

Bien entendu, cette manière plus “démocratique” de rechercher des connaissances comporte aussi des pièges : les projets communautaires comme Wikipedia comportent le risque que des charlatans y diffusent leur savoir et s’y distinguent. Les profanes responsables ont notamment une fonction de contrôle de la science et de la politique de l’éducation. Pour pouvoir remplir cette fonction, il est nécessaire d’échanger des informations et de rechercher le dialogue au niveau mondial.

Peter Finke (éd.) : Citizen Science – Das unterschätzte Wissen der Laien, 240 pages, oekom verlag München 2014, ISBN : 978-3865814661, 19,95 Euro

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