Aujourd’hui, 6 décembre, les chrétiens du monde entier célèbrent la Saint-Nicolas. Sa réputation d’aide généreuse en a fait très tôt l’un des saints les plus populaires de la chrétienté. Aujourd’hui encore, il marque de son empreinte les coutumes, les œuvres d’art et l’émerveillement des enfants.
Saint Nicolas est l'un des saints les plus connus et les plus populaires, ici dans un tableau de Francesco Guardi.
Photo : The Yorck Project, domaine public, via : Wikimedia Commons
Le 6 décembre évoque des souvenirs de bottes brillantes, de cadeaux mystérieux et la tension réconfortante d’un petit matin d’hiver. Mais derrière tous ces rituels se cache un personnage historique dont l’importance dépasse le folklore et les histoires pour enfants. Saint Nicolas est considéré comme l’un des saints les plus populaires de la chrétienté – et sa légende continue d’inspirer des générations dans le monde entier. Alors que de nombreuses coutumes ont évolué au fil du temps, son idée centrale reste étonnamment constante : l’amour du prochain, la protection et la serviabilité.
Le Nicolas historique était évêque de la ville de Myra, l’actuelle Demre, en Lycie. Ses parents lui ont légué leur fortune, qu’il a dès lors distribuée aux pauvres. La légende suivante est particulièrement connue : Une nuit, Nicolas aurait jeté trois pépites d’or par la fenêtre d’un pauvre homme. Le pauvre homme utilisa l’argent pour empêcher la vente de ses filles par nécessité matérielle. C’est pourquoi, aujourd’hui encore, Saint Nicolas se rend dans les appartements et les maisons et y laisse des dons. Cette légende a également influencé la manière dont le saint est représenté en iconographie. De nombreuses œuvres d’art le représentent en évêque avec des pommes dorées, des boules d’or ou des pépites d’or, ainsi qu’en costume épiscopal avec une crosse. En héraldique, il est également un motif populaire, par exemple les armoiries du district de Cuxhaven montrent le saint en habit d’évêque avec sa crosse. D’autres armoiries, comme celles de la commune de Reinach en Suisse, ne montrent que les deux attributs, la crosse et les trois boules d’or.
Un saint très apprécié
D’autres légendes font état, entre autres, d’un soi-disant miracle du blé. Saint Nicolas a mis fin à une famine en multipliant miraculeusement les grains. Les habitants de la ville de Myra souffraient de la faim en raison d’une sécheresse. Alors qu’un bateau chargé de céréales mouillait devant la ville, Nicolas persuada les marins de lui donner quelques boisseaux de céréales pour la population de la ville. L’équipage du navire refusa d’abord, craignant d’être puni par l’empereur, qui insistait sur chaque gramme de blé. Nicolas leur promit alors que rien ne manquerait s’ils lui donnaient quelque chose. Les marins acceptèrent et donnèrent quelque chose aux habitants de Myra. Ceux-ci purent vivre pendant deux ans avec le peu de céréales et même en utiliser une partie pour les semailles. La promesse que Nicolas avait faite aux marins se réalisa également. Lorsqu’ils livrèrent le grain à l’empereur, la quantité était exacte au gramme près.
Une autre légende justifie son patronage de la navigation. L’équipage d’un navire était en détresse. Nicolas apparut alors aux marins et leur donna du courage. Il a également aidé à sortir le navire de sa situation critique. Les marins sont ensuite entrés dans l’église de Myra et ont reconnu l’évêque Nicolas comme leur sauveur. Outre les marins, Saint Nicolas est également le patron des bateliers, des commerçants, des juristes, des pharmaciens, des bouchers, des boulangers, des écoliers, des étudiants, des voyageurs, des pèlerins, des amoureux, des femmes en couches, des personnes âgées, des voleurs, des gardiens de prison, des prostituées et des enfants. Mais il est également le patron de peuples comme les Croates, les Serbes et les Russes, ainsi que de régions comme la Lorraine ou de villes comme Bari. De plus, il est le patron de nombreuses églises. Sa qualité de patron des enfants est également à l’origine d’une partie des coutumes actuelles liées à la Saint-Nicolas.
Comment la coutume de Saint-Nicolas s'est développée
La fête de Saint-Nicolas, telle que nous la connaissons aujourd’hui, a fait un long voyage. Au début du Moyen Âge, les monastères ont commencé à organiser des prières spéciales le jour de la mort du saint. Très vite, des rituels se sont répandus, au cours desquels les enfants recevaient de petits cadeaux en souvenir de l’activité charitable de Saint Nicolas. Dans de nombreuses régions d’Europe, le saint est même apparu au cours de l’histoire comme un exhortateur sévère mais juste, rappelant la vertu, le travail et le sens de la communauté. Ce n’est que plus tard que sont apparus des personnages comme le serviteur Ruprecht ou le Krampus, qui apparaissent dans le folklore comme compagnons ou adversaires selon les régions. Malgré ces différences régionales, l’essence est restée : La Saint-Nicolas doit apporter de la joie et rappeler de faire attention les uns aux autres.
