07.09.2025

Society

Rolli noir, lunettes en corne – Critique de livre

La couverture du livre affiche le titre "Rolli noir, lunettes en corne" en gros caractères sur fond rose ©JOVIS

Couverture du livre "Schwarzer Rolli, Hornbrille" de Karin Hartmann ©JOVIS

Selon une évaluation du Centre de développement universitaire de Gütersloh, pour la première fois, plus de femmes que d’hommes ont étudié dans les universités allemandes au semestre d’hiver 2021/22. L’évolution n’est pas différente en architecture. Depuis 2006 déjà, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à obtenir leur diplôme. Malgré cela, elles sont ensuite sous-représentées dans les bureaux et les universités. Le livre de Karin Hartmann “Schwarzer Rolli, Hornbrille” montre les nombreuses facettes de cette discrimination systémique qui est monnaie courante dans la branche.

De quoi s’agit-il ?

Au début de son livre, Karin Hartmann constate l’écart entre le nombre de jeunes étudiantes en architecture et celui des femmes qui travaillent effectivement par la suite. Au fil de l’ouvrage, elle se promène à travers les époques et les institutions et met en évidence les nombreux aspects de la discrimination. Le livre est divisé en plusieurs chapitres, dont “Perception de l’histoire de l’architecture au féminin”, “Apprendre l’architecture” ou “Les femmes conçoivent-elles différemment ? Il se termine par une interview de l’architecte et professeure Afaina de Jong.

Ce qui caractérise l’auteure :

Karin Hartmann est architecte indépendante. Après avoir fondé un bureau à Dresde et à Paderborn, elle a approfondi en 2011 son intérêt pour les questions de culture architecturale. Elle a fondé l’association Zwischenstadt, a travaillé comme conférencière à l’Institut fédéral de recherche sur la construction, la ville et l’espace (BBSR) de Bonn et est chef de projet pour la médiation de la culture du bâti à Baukultur NRW. Elle est également présidente de l’architektinnen initiative NW.

C’est une déclaration stimulante :

“Il reste passionnant d’observer ce que cette peur de la féminisation signifie pour l’image de la profession d’architecte, qui va changer fondamentalement pour relever le défi du changement climatique : Pour ‘s’occuper’ et ‘s’inquiéter’ de l’existant, certaines qualités à connotation féminine sont nécessaires”. (S. 37)

Voilà une déclaration qui donne à réfléchir :

“Et si l’enseignement de l’architecture n’était plus aussi brutal dans son feedback ? Et s’il s’agissait davantage d’y poser des questions ou si nous l’abordions dans une position de calme ou de ‘care’ ? – Afaina de Jong” (p. 298)

Le texte de la couverture est rempli parce que :

Le texte de la couverture promet une réflexion approfondie sur la culture de travail excluante pour les femmes dans l’architecture. Cette promesse est tenue.

On peut se vanter de ce savoir tiré du livre :

L’histoire d’Eileen Gray, qui a créé en 1929 la spectaculaire maison E.1027, peut être transmise comme exemple de l’invisibilisation des femmes architectes. Plus tard, c’est LeCorbusier qui s’en est emparé. Il a peint les murs – contrairement à sa conviction que la peinture détruisait le mur – et a fait des visites guidées. Il a ensuite été cité à plusieurs reprises comme auteur du bâtiment. Ce n’est qu’en 2000 qu’Eileen Gray a été officiellement reconnue comme architecte.

Plus classique que tendance, parce que :

… le féminisme et l’égalité ne sont pas des tendances. Dans son livre, Hartmann rassemble de nombreuses informations qui servent de base aux lecteurs pour poursuivre leur réflexion.

En bref

Le toucher :

Le livre à la couverture souple rose tient bien dans la main. Les pages en papier mat se tournent agréablement.

Design :

La mise en page est clairement structurée en sur-chapitres et sous-chapitres. La typographie est minimaliste et favorise l’orientation dans le livre.

Fluidité de la lecture :

Hartmann écrit parfois de manière pointue, parfois de manière sobre – toujours de manière compréhensible. Elle porte les lecteurs* avec aisance à travers les textes et parvient à transmettre des contextes plus complexes ou “fatigants” de manière accrocheuse.

Le langage visuel :

Des graphiques et des images de projets soulignent les contenus textuels.

Information :

Hartmann parvient à un mélange équilibré de faits statistiques et de parcours personnels. Ainsi, tout le spectre de la discrimination individuelle, structurelle, institutionnelle et historique devient palpable.

Ce qui est également important :

Ce livre est dérangeant. Et en colère. Mais il inspire aussi à briser les structures existantes. Pour que l’égalité ne soit plus un vain mot dans la branche. Et que la discipline puisse s’engager collectivement pour un monde plus juste sur le plan écologique et social. Pour reprendre les mots d’Afaina de Jong : “[je suis] parfois tellement déçue que nous devions encore nous pencher sur la question de l’égalité, alors que nous sommes confrontés à cette énorme crise climatique”.

Vous pouvez commander le livre “Schwarzer Rolli, Hornbrille” auprès de la maison d’édition jovis.

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