Chez les Islandais, cela s’appelle “Kex”. Dans le centre de Reykjavík, ce terme a donné son nom à un logement – du nom de l’usine qui y produisait auparavant des biscuits. Situation : en face de la salle de concert d’Ólafur Elíasson.
Pour les routards, l’auberge est immense : 3 étages, 215 lits, un salon, un bar public et un restaurant, une salle de fitness, des cuisines pour les clients, des salles de réunion. Le tout dans un espace très spacieux. Mais cela signifie aussi que l’intimité des routards n’existe pas : on ne voit la plupart des visages qu’une seule fois – ensuite, ils disparaissent dans la masse des 215 lits. En revanche, on rencontre des locaux qui fréquentent le restaurant public ou le bar. En outre, un concert a lieu une fois par semaine – la population de Reykjavík ne manque pas cette bouchée du Kex.
De l’extérieur, le bâtiment n’a rien de spectaculaire. En hiver, seul le court trajet entre la navette et la porte d’entrée est spectaculaire, même avec de grosses bottes d’hiver. Une fois à l’intérieur, on peut à nouveau avancer d’un pas normal – et l’attention se déplace du risque de glissade vers l’intérieur. Malgré des matériaux et des meubles recyclés, l’auberge n’a pas l’air miteuse, mais – comme beaucoup d’intérieurs contemporains – vintage et industrielle. Quand aucun groupe ne joue, c’est l’album des Growlers qui est diffusé.
Si l’on veut retrouver des visages, le dortoir est l’endroit idéal. Il y a des dortoirs mixtes, mais aussi des dortoirs exclusivement “Male” ou “Female” avec quatre, six, dix ou seize lits. Vu les prix pratiqués en Islande, il est fort probable que l’on opte pour l’une de ces variantes. Une chambre à six lits avec salle de bain dans le couloir coûte déjà 47 euros. Sans petit-déjeuner. La variante chambre individuelle avec salle de bain privée est plus luxueuse et coûte 215 euros. Il faut s’habituer à de telles sommes en Islande. On peut se laisser distraire par les montants à quatre chiffres de la monnaie nationale : 1.000 couronnes islandaises valent 7 euros. Ceux qui ne parviennent pas à faire abstraction du taux de change se rincent le gosier avec une bière à huit euros. Le Drinx-Bar de l’auberge y remédie avec des lagers, des crafts et des ale qui changent tous les jours. Même les palais allemands s’en réjouissent. Et les Islandais ont eux aussi du retard à rattraper en matière de bière, car jusqu’en 1989, cette boisson était interdite dans le pays.
En arrivant la nuit, on ne remarque pas la vue de l’auberge. C’est au plus tard sur le chemin du petit-déjeuner du matin que l’on aperçoit les montagnes tabulaires de Reykjavík, situées juste en face. Un avant-goût des paysages bizarres que l’on rencontrera encore en explorant le pays.
Adresse
KEX Hostel
Skúlagata 28, Reykjavik
www.kexhostel.is