27.12.2025

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Retour à la vie privée

Les e-mails peuvent aussi être traités confortablement depuis le canapé, avec une bonne tasse de café.

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A l’occasion du salon Orgatec 2014 à Cologne, notre rédacteur Peter Gahr s’est entretenu avec Stephan Derr, membre du directoire de Steelcase Werndl AG. Le sujet était l’étude actuellement commandée par Steelcase sur le thème du “bien-être au travail”.

Baumeister : Pour commencer, une thèse simple : les architectes qui construisent des maisons – sans penser au contexte – sont de mauvais architectes. Il en va de même pour les “fabricants de mobilier de bureau” qui se concentrent exclusivement sur le meuble ?
Stephan Derr : Absolument. Nous devons d’abord penser aux besoins de nos clients et à la manière dont les gens travaillent au bureau. Comment se comportent-ils au travail ? De quoi ont-ils besoin ? Ce n’est qu’ensuite que nous développons nos meubles. L’ergonomie, la facilité d’utilisation, la fonctionnalité et un bon design en sont la base. Les bureaux sont des creusets sociaux. Lorsque nous parlons de fonctionnalité, nous parlons aussi de plus en plus d’exigences sociales. Une table de réunion ne sert pas seulement à prendre des notes, elle peut aussi rassembler les gens, créer des hiérarchies, inviter à la discussion ou avoir l’effet inverse.

B : Il s’agit donc – pour parler vulgairement – du principe d’un turbocompresseur. Les produits intelligents peuvent catalyser ?
S D : C’est exactement ce que nous voulons. L’homme est patient et travaille même dans un bureau mal équipé. Mais nous voulons réaliser une culture de bureau dans laquelle les employés sont satisfaits et très motivés, c’est-à-dire qu’ils travaillent avec engagement – non pas parce qu’ils sont poussés par leur employeur, mais parce qu’ils trouvent un environnement optimal pour leur travail. Nous savons que l’espace peut faire la différence. Nous avons récemment mené une étude internationale de grande envergure à ce sujet, en collaboration avec l’institut d’études de marché IPSOS. Le thème était “le bien-être au travail” et les résultats ont confirmé l’expérience que nous avons acquise au cours des dernières années.

B : Probablement aussi des expériences avec la mise en œuvre de structures à grande échelle ?
S D : Oui, bien sûr. Et : nous sommes plus que jamais convaincus du principe d’un bureau paysager – il en va de même pour le bureau individuel. Ces dernières années, la communication, le travail d’équipe étaient au premier plan et la formule simple était : plus de bureaux ouverts, moins de bureaux fermés. Avec “plus” et “moins”, nous avons déjà fait la déclaration la plus importante : L’un ne fonctionne pas sans l’autre. Il n’existe pas de solution unique qui convienne à tout le monde à tout moment. C’est peut-être vrai pour la comptabilité, où l’on utilise encore beaucoup de papier, mais sinon, le collaborateur glisse sans transition entre différentes zones. Nous parlons d’un écosystème avec différents espaces ouverts, protégés ou fermés, où l’employé a le choix de décider lui-même de la manière dont il veut travailler. La clé est de trouver le bon équilibre entre les espaces de travail collectifs et les espaces calmes. Les collaborateurs doivent avoir la possibilité de choisir l’espace de travail qui correspond le mieux à leurs besoins individuels du moment. Cela tient compte du bien-être et de la motivation des employés ainsi que du succès économique des entreprises.

B : Un éco-paysage façonné par les meubles ?
S D : Exactement. En effet, le besoin des employés d’échanger et de coopérer avec les autres ou les différentes formes d’intimité varient au cours d’une journée de travail, selon qu’il s’agit de tâches routinières ou d’un travail nécessitant une forte concentration. Un mobilier adapté permet de soutenir, voire d’encourager cette dernière. Prenez par exemple notre chaise “Gesture”. Il s’agit d’une chaise de bureau avec laquelle vous pouvez véritablement communiquer. Vous pouvez vous y asseoir droit ou incliné, vous y tenir debout, vous y lover – et même y dormir. Vous disposez d’un microcosme personnel et déterminez le degré d’interaction avec vos collaborateurs rien que par votre position. Dans le cas extrême : tourné à 180 degrés – et le message est “pause émission”. L’aménagement de l’espace et le mobilier correspondant contrôlent l’interaction, influencent la perception visuelle, façonnent l’acoustique ou définissent des territoires.

B : Et avec le territoire, nous en revenons à l’architecture ?
S D : Absolument. En fin de compte, il s’agit toujours d’espaces, d’architecture au sens le plus large. Une cloison en verre remplit une fonction similaire à celle d’un système d’étagères ou d’un changement de matériau dans le revêtement de sol. Nous avons la possibilité fascinante de dissoudre les murs dans leur matérialité tout en créant des espaces. Les boîtes en verre, fermées de tous les côtés et même en haut, sont une solution pratique. Mais les canapés de réunion disposés en cercle, avec des panneaux de dossier acoustiques, ont un effet similaire. Ils forment un espace non perceptible visuellement, offrent la possibilité de s’évader sans pour autant quitter physiquement la pièce. Et c’est de ce réglage fin qu’il s’agit. Le collaborateur doit avoir la possibilité de déterminer lui-même le degré d’interaction, de l’enclave au bureau paysager.

B : Ce qui nous ramène au tuning et à l’écopaysage. Monsieur Derr, je vous remercie pour cet entretien.

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