13.01.2026

Musée

Restauration de vitrine au Belvédère supérieur

L’initiative de la restauration d’exposition au Belvédère supérieur est venue de la restauratrice en chef, Stefanie Jahn. “Nous avons lancé cette restauration de démonstration parce qu’il s’agit d’œuvres d’art importantes dont la conservation et la restauration prudentes doivent être montrées”, explique Jahn. En collaboration avec la restauratrice Brigitte Futscher, elle étudie, conserve et restaure depuis mars 2013 l’ensemble exceptionnel de huit panneaux médiévaux en bois de l’artiste Rueland Frueauf l’Ancien (1440/45-1507). Frueauf fait partie des artistes les plus importants de la région austro-bavaroise. Il a immortalisé sa signature “R. F.” sur deux panneaux, ce qui permet d’établir ici un lien direct avec l’artiste – une particularité pour les œuvres médiévales. Il est donc d’autant plus important de préserver ses œuvres, qui ont une histoire mouvementée derrière elles. On suppose aujourd’hui que les panneaux faisaient à l’origine partie d’un retable à volets médiéval, qui se trouvait à partir de 1490 environ dans l’église collégiale Saint-Pierre ou dans la cathédrale de Salzbourg. Là, les volets se composaient d’une vue en semaine représentant la vie de Marie et d’une vue les jours de fête représentant la Passion du Christ. Avant de rejoindre finalement la galerie de peinture impériale au 19e siècle, elles ont été suspendues, probablement déjà séparées de l’autel. En témoigne la perte importante de la monture, notamment sur un panneau.

Dans la pinacothèque impériale, ils ont ensuite été sciés au début du 20e siècle, convaincus de faire ce qu’il fallait, et divisés en huit panneaux. “Le sciage des peintures sur panneau de bois peintes des deux côtés était malheureusement très populaire au nord des Alpes jusqu’au milieu du 20e siècle. De nombreux directeurs justifiaient le clivage par le fait que les versos valaient autant la peine d’être vus que les rectos. Une telle mesure est impensable aujourd’hui”, explique Jahn. Dans le cas des panneaux de Frueauf, la portée de la mesure a été constatée directement après le sciage. Il a fallu immédiatement coller un bois tropical sur toute la surface et un parquet sur la face arrière. “Mais nous pouvons nous réjouir que les panneaux soient restés chez nous dans leur intégralité. Dans de nombreux autres cas, comme celui de Jan Baegert (1465-1435, ndlr), un contemporain de Frueauf, les panneaux ont été séparés et vendus, de sorte qu’ils se trouvent aujourd’hui dans différents musées à travers le monde”.
Les mesures prises aujourd’hui consistent principalement à protéger les couches picturales, à enlever les mastics et les retouches périmés et à retoucher délicatement les lacunes.

En outre, des recherches seront menées sur les matériaux et les techniques de fabrication. En comparaison avec le fonds de Regensburg, qui a été récemment examiné, on peut s’attendre à de nouveaux résultats concernant l’œuvre de Frueauf. Dans l’ensemble, un nouveau concept de présentation est également prévu pour les huit panneaux dans le cadre de l’exposition de 2015. “Mais d’ici là, nous continuons à nous laisser émouvoir par Frueauf. C’est fantastique d’être si près d’une œuvre d’art magnifique et de pouvoir reproduire la manière de peindre de l’artiste”, sourit Stefanie Jahn. La restauration d’exposition est visible au château du Belvédère à Vienne jusqu’au 31.12.2015, les mardis et jeudis de 10 à 18 heures.

Les photos : Belvedere/ Vienne

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