Le soir du 15 avril 2019, le monde a assisté, choqué, à la dévoration par les flammes de Notre Dame de Paris, chef-d’œuvre vieux de 861 ans. En 2019, l’église devait être restaurée. C’est l’immense échafaudage qui entourait le toit qui a causé d’importants dégâts à l’intérieur pendant l’incendie. L’origine exacte de l’incendie n’est toujours pas claire, mais on pense qu’un accident de travail sur le chantier en est la cause probable. Après cinq années de travaux intensifs, l’église a finalement rouvert ses portes, comme prévu, le 8 décembre.
Le 15 avril 2019, le monde entier a retenu son souffle - Notre-Dame de Paris a pris feu ! Cinq ans plus tard, la cathédrale a rouvert ses portes.
© Revivre Notre Dame
Reconstruction à l'identique
Les travaux de restauration, organisés par le ministère de la Culture et le Centre national de Recherche Scientifique (CNRS), se sont déroulés en deux étapes : Les travaux de sauvegarde et de consolidation ont commencé immédiatement après l’incendie et ont duré jusqu’en août 2021 ; les travaux de reconstruction et de restauration ont suivi. Un projet scientifique a accompagné la restauration, impliquant une cinquantaine d’équipes de recherche et de laboratoires de toute la France et de l’étranger, soit 175 chercheurs au total. Ce projet a réuni différents spécialistes de l’industrie culturelle, qui ont généré des connaissances sur l’état actuel et passé de la cathédrale.
En juillet 2020, une étude d’évaluation a été présentée à la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture, qui a défini l’ampleur et les orientations de la restauration. La Commission s’est prononcée en faveur des mesures proposées : La toiture et la flèche devaient être reconstruites dans l’état où elles se trouvaient à Viollet-le-Duc, tandis que la nef et le chœur étaient restaurés fidèlement à leur état médiéval – en utilisant les matériaux d’origine tels que le chêne pour la charpente et le plomb pour la couverture.
La première étape, la sécurisation, était cruciale pour éviter que le bâtiment, affaibli par l’incendie, ne s’effondre. La structure de la voûte a d’abord été consolidée, puis l’échafaudage fondu a dû être retiré. Les travaux de reconstruction et de restauration simultanés ont nécessité une étroite collaboration entre différentes compétences. Des restaurateurs et des artisansaux spécialités différentes ont travaillé ensemble pour achever d’abord les parties intérieures, puis la voûte et enfin le toit. Les éléments suivants ont été restaurés :
- Reconstruction des voûtes effondrées et de la flèche de Viollet-le-Duc.
- Restauration de la grande charpente, du clocher, des vitraux et de 22 tableaux de grand format.
- nettoyage et restauration de l’ensemble de l’intérieur et du chœur, y compris la structure, le mobilier et l’orgue
- restauration de toutes les installations techniques, y compris un système de protection contre l’incendie entièrement repensé
- recréation de mobilier liturgique en remplacement des pièces perdues dans les années 1980 et 1990
Les espaces intérieurs
Les principaux dommages à l’intérieur de Notre Dame étaient indirects : dus à la chaleur de l’incendie et à la carbonisation consécutive de différents éléments en bois. S’y ajoutaient une épaisse couche de suie contenant du plomb ainsi que des dommages causés par la chute d’éléments de la voûte et la fonte de l’échafaudage. De plus, la saleté s’était accumulée au fil des ans, assombrissant l’intérieur et rendant les décorations murales illisibles. Les travaux ont permis de rétablir les tons clairs de la pierre d’origine et de mettre à jour les peintures murales du 14e et du 19e siècle.
L’ensemble de l’intérieur a d’abord été aspiré. Une fine couche de latex a ensuite été pulvérisée – une méthode courante utilisée par les tailleurs de pierre. Après quelques jours, la couche de latex durcie a été retirée comme une peau, ce qui a permis d’éliminer les particules de saleté non adhérentes. Cette étape a été complétée par un nettoyage final à l’aide d’une éponge humide. Des restauratrices ont nettoyé les différentes peintures murales, les sculptures intérieures en marbre et en pierre ainsi que les mausolées. Les galeries du 12e siècle, caractéristiques de Notre Dame, qui bordent la nef centrale, ont été démontées, restaurées dans un atelier de ferronnerie d’art et redorées.
La voûte
La voûte dite “forestière” en chêne du 13e siècle représente une prouesse technique de l’époque. Les troncs de chêne devaient avoir des dimensions particulières et mesurer parfois 20 mètres de long, avec une section carrée de 40 × 40 cm. Une fois séchés et découpés, les troncs étaient travaillés en atelier selon les méthodes originales du 13e siècle – à la “dolora” (une hache de charpentier) – afin de préserver les fibres du bois. La charpente médiévale est une structure porteuse triangulaire composée d’une alternance de fermes principales de forme complexe et de chevrons simples. Une fois montée, la charpente était recouverte de plomb et couronnée d’un épi de faîtage en plomb.
Les sculptures sur le toit et la pointe
Construite entre 1859 et 1864, la flèche de Viollet-le-Duc, reconstruite à l’identique, possède une structure intérieure en chêne massif de près de 50 mètres de haut. Elle fut recouverte de plomb, ornée d’éléments décoratifs végétaux et animaux en plomb et finalement couronnée d’une croix et d’un coq doré. La dentelle a d’abord été fabriquée dans la région lorraine avant d’être montée à Paris. Les éléments de couronnement – la croix et le coq – ont été reconstruits et, comme dans l’original, des reliques ainsi que les noms des ouvriers ont été réintégrés dans le coq. Le coq original a survécu à l’incendie, mais a été retrouvé dans un état très endommagé. Il sera conservé comme témoin de l’incendie dans le futur musée de Notre-Dame.
Notre Dame de Paris a ainsi retrouvé un état et une apparence visuelle que la saleté et le vieillissement avaient masqués pendant des siècles. Le reste des dons sera utilisé pour la restauration des espaces extérieurs, déjà prévue en 2019, afin de redonner à cette église emblématique son éclat d’origine.

