05.09.2025

Projet

Renaturation de la Lech : la renaissance d’une rivière

Arrêter le déluge
En Autriche, le cours de la Lech est nettement plus naturel. Source : Basotxerri, CC BY-SA 4.0 , via Wikimedia Commons

En Autriche, le cours de la Lech est nettement plus naturel. Source : Basotxerri, CC BY-SA 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0>, via Wikimedia Commons

La renaturation de la Lech aux portes d’Augsbourg sera unique en Bavière, selon la directrice du projet Simone Winter : les aménagements des berges seront démantelés et une zone alluviale avec des habitats pour la faune et la flore devrait voir le jour. Pour tout savoir sur le projet en cours de planification, cliquez ici.

L’ambitieux projet de renaturation de la Lech

Un projet de renaturation de la Lech est en cours aux portes d’Augsbourg. Peu avant le barrage de Merching, près d’Augsbourg, le Lech est large de 80 mètres. Autrefois, il faisait un kilomètre de large et abritait des milliers de huchons. Mais aujourd’hui, le Lech est plutôt une rivière en ruine. C’est ce que le projet “licca liber” souhaite changer dans le cadre d’une renaturation de la Lech sur une dizaine de kilomètres. La rivière doit retrouver son caractère originel de rivière sauvage.

Il est prévu que la Lech devienne large de 130 mètres. En outre, les aménagements des berges seront réduits et de nouvelles zones alluviales secondaires seront créées. L’idée est de créer un habitat de valeur pour les animaux et les plantes. La procédure d’autorisation est en cours depuis 2013. De nombreux citoyens ont été associés à la planification dans le cadre du “dialogue fluvial”. La planification détaillée du projet devrait être terminée d’ici fin 2022. En 2023, la procédure de droit d’eau sera lancée.

La stabilisation du fleuve entre le barrage 23 et l’embouchure du Danube doit permettre de réparer les dommages causés par la canalisation. Traduit, licca liber signifie “Lech libre”. La renaturation doit permettre au Lech de se rapprocher à nouveau de son état naturel. L’office de gestion des eaux de Donauwörth dirige le projet.

Une juxtaposition de lacs de retenue

Actuellement, la Lech est une rivière aménagée avec de nombreuses centrales hydroélectriques. Décrite dans le Süddeutsche Zeitung comme une “juxtaposition de lacs de barrage“, la rivière n’offre plus de migration naturelle aux poissons. Des poissons comme le huchon doivent être introduits artificiellement. De plus, de nombreuses autres espèces de poissons sont confrontées au problème de ne pas trouver de bancs de gravier pour frayer.

Dans la zone urbaine d’Augsbourg, le Flinz est déjà à l’air libre. Il s’agit de la couche de fond des rivières qui, dans une rivière saine, devrait être recouverte de gravier. Or, il existe un risque que le Lech disparaisse dans la nappe phréatique. Cela nuirait notamment à l’approvisionnement en eau potable d’Augsbourg et de ses environs.

C’est pourquoi la renaturation de la Lech est également importante pour la nappe phréatique et l’eau potable. La situation actuelle constitue un cercle vicieux, car les nombreux barrages destinés à la production d’énergie et d’eau potable nuisent à la nappe phréatique. Parallèlement, les puits d’eau potable et les réserves naturelles sur le cours de la rivière s’opposent en partie à la renaturation de la Lech. Ce que l’on appelle les rampes de décantation pourraient malgré tout aider à rendre la Lech plus naturelle.

Le Lech à Füssen. Source : Niklas Dehne, CC BY-SA 3.0 , via Wikimedia Commons
Le Lech à Füssen. Source : Niklas Dehne, CC BY-SA 3.0 <http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/>, via Wikimedia Commons

La peur des inondations

Autrefois, la Lech était une rivière sauvage et tumultueuse. De nombreux riverains* s’inquiètent à juste titre des inondations. C’est aussi pour cette raison que la Lech a été domptée par sa canalisation partielle. Cependant, selon Simone Winter, chef de projet à l’office de gestion des eaux de Donauwörth, une réhabilitation de la rivière réduirait le risque de crues. En effet, dans une rivière renaturée, le niveau de la nappe phréatique peut alors diminuer en partie. Des dispositifs de sécurité doivent aider à protéger les habitations situées à proximité de la rivière contre les inondations.

Le projet de renaturation de la Lech prendra encore plusieurs années avant d’être approuvé. En outre, il faudra compter 20 à 30 ans supplémentaires pour que la rivière se rétablisse. Ensuite, les zones alluviales nouvellement créées devraient être régulièrement inondées. La Lech sera en mesure de méandrer, de former des bancs de gravier et de les modifier à nouveau avec le temps. Une surface de 95 hectares sera créée tout autour des rives de la rivière afin d’enlever jusqu’à deux mètres. Les nouvelles zones alluviales qui en résulteront constitueront des habitats précieux.

Ce fleuve en partie redouté, avec sa forte déclivité, est encore aujourd’hui important sur le plan écologique. Il relie les espaces naturels des Alpes et de l’Alb. Malgré les aménagements, de nombreuses espèces y sont encore présentes. Des études menées dans le cadre du projet licca liber ont permis de mettre au jour des espèces rares telles que la gentiane croisée, l’agrion de bourdon, l’orvet jaune et l’anémone.

Les défis de la renaturation de la Lech

La renaturation de la Lech nécessite avant tout beaucoup de patience. Les processus administratifs peuvent s’étendre sur plusieurs années. De plus, il existe un risque d’actions en justice contre la renaturation, ce qui pourrait retarder le projet. L’étroite collaboration avec la population devrait toutefois garantir un large soutien auprès des riverains*.

Le projet licca liber a valeur d’exemple, mais ne concerne que quelques kilomètres du fleuve. Au total, 43 ouvrages transversaux bordent la Lech bavaroise entre Füssen et l’embouchure du Danube. La rivière ressemble ainsi en de nombreux endroits à un canal inerte dont l’équilibre écologique est menacé.

Le programme d’avenir Lech de BUND fait les propositions suivantes pour la renaturation du Lech :

  • Rétablir la dynamique de la rivière, par exemple en autorisant les variations naturelles du niveau d’eau et en déplaçant les matériaux grossiers.
  • reconnecter les zones alluviales
  • Rétablissement de la continuité du charriage pour permettre la présence de sable, de gravier et de galets dans la rivière
  • Dissolution des aménagements latéraux
  • restructuration de l’exploitation énergétique sur le Lech

En outre, les experts* du BUND soulignent que les crises du climat et de la biodiversité constituent des défis majeurs de notre époque. La renaturation des rivières contribue à améliorer la biodiversité et à préserver les bases de vie des hommes, des animaux et des plantes. En outre, l’abandon de trop nombreuses centrales hydroélectriques offre la possibilité de promouvoir d’autres énergies renouvelables.

Par ailleurs, l’article sur le livre Fluss.Raum.Entwerfen pourrait également vous intéresser. Il présente différents outils d’aménagement pour les paysages fluviaux urbains.

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