14.01.2026

Créer

Relier les pierres

C’est avec le noir suédois que Rudolf J. Kaltenbach préfère travailler, car il aime la “confrontation” avec la pierre volcanique. “On entre dans un dialogue”, dit le sculpteur sur pierre de Berlin, qui “ne dédaigne aucune pierre” et a également travaillé avec Rosso Balmoral et diverses pierres semi-précieuses. Les artistes que lui et la sculptrice Silvia Christine Fohrer invitent aux symposiums de sculpture “Pierres sans frontières” à Berlin et dans le Brandebourg, ils leur laissent toutefois le choix du matériau, leur procurent les pierres de leur choix ainsi que les machines et les outils. Car si le symposium de plusieurs semaines se déroule à Berlin et dans ses environs, sa participation est internationale. Kaltenbach et Fohrer ont organisé le premier en 2001. Cette année, ils ont invité des sculpteurs pour la douzième fois, afin “d’amener la pierre à l’homme”, comme le dit Kaltenbach.

Silvia Fohrer travaille sur sa sculpture en spectrolite (photo : Rudolf J. Kaltenbach)
Silvia Fohrer, partie de l'installation de sculptures, spectrolite de Finlande (photo : Sivia Fohrer)
Rudolf J. Kaltenbach travaille sur ses sculptures en granit (Balmoral de Finlande et Rosa Beta d'Italie) (Photo : Silvia Fohrer
Frapper le voisinage dans le grès (Grès de Schweinstadt) (Photo : Silvia Fohrer)

Un rêve de 5.000 sculptures

Les symposiums sont financés exclusivement par des sponsors et donc sans aucune aide de l’État. Cette année, la société de construction de logements HOWOGE est le sponsor principal – les artistes invités d’Allemagne, de Biélorussie, du Sénégal et de Pologne travaillent jusqu’à l’automne dans cinq cours intérieures HOWOGE de la cité de construction en préfabriqué Berlin-Marzahn. Une fois par semaine, l’initiative de sculpture invite à un projet pour les enfants et les jeunes et à ce que l’on appelle le “tapement de pierre des habitants”, au cours duquel des grès sont travaillés sur place et restent ensuite dans les cours.

Jusqu’à présent, les symposiums “Pierres sans frontières” ont donné naissance à 184 sculptures qui se trouvent à Berlin et dans ses environs, par exemple à Bad Belzig, Teltow, Bernau, Berlin-Buch et Berlin-Mitte. Des initiatives comparables existent également en France, en Autriche et en République tchèque, si bien qu’au total 500 sculptures en pierre ont déjà pu être érigées “pour l’entente entre les peuples et la réconciliation entre les États”. Rudolf J. Kaltenbach rêve d’une route des sculptures de 5.000 kilomètres de long, sur laquelle se trouveraient 5.000 œuvres d’art en pierre.

L’idée remonte au sculpteur Otto Freundlich, qui prévoyait une “route de sculptures reliant les peuples”. Mais Freundlich a été assassiné en 1943 dans le camp de concentration allemand de Sobibor.

Sur le modèle d’Otto Freundlich

Pour les initiateurs berlinois, la référence à Otto Freundlich est très importante. “Otto Freundlich voulait un chemin de sculptures de la réconciliation de Paris à Moscou et un chemin de la tolérance de Moscou à Paris”, explique Kaltenbach. En hommage au sculpteur, dont on fêtera l’année prochaine le 75e anniversaire de la mort, le prochain symposium aura lieu à Stolp (Poméranie), le lieu de naissance de Freundlich.

Plus d’informations sur : steineohnegrenzen12.jimdo.com

Scroll to Top