En 2022, les visiteurs* pourront découvrir au musée de plein air franconien de Bad Windsheim à quel point la cohabitation entre juifs et chrétiens était proche et naturelle à l’origine dans le village franconien traditionnel d’Allersheim près de Würzburg. L’ancienne synagogue d’Allersheim y sera reconstruite.
Dans un four à chaux inspiré d’un modèle historique de Benediktbeuren, les employés du musée de plein air franconien de Bad Windsheim fabriquent des mortiers et des enduits de leur propre production. La cuisson de la chaux dure trois nuits et quatre jours. Les employés du musée* se relaient par équipes pour surveiller le feu. Au bout de quatre jours, les pierres calcaires, grises et de grande taille au départ, qui deviennent rouge vif pendant la cuisson, sont cuites à blanc. Le four à chaux, chauffé à près de 1 000 degrés, doit refroidir pendant quelques jours avant que les pierres puissent être retirées et transformées en chaux vive. La chaux actuellement cuite est transformée en mortier et en enduit et utilisée pour la construction de la synagogue d’Allerheim.
Le musée de plein air franconien de Bad Windsheim est le premier musée de plein air du sud de l’Allemagne à construire une synagogue. Comme sur son site d’origine à Allersheim, un quartier de Giebelstadt près de Würzburg, le bâtiment de la synagogue sera construit dans le musée un peu en marge du village, mais à proximité de la place du village. Les visiteurs* pourront ainsi découvrir à quel point la cohabitation entre juifs et chrétiens était proche et naturelle dans ce village traditionnel de Franconie.
Le directeur du musée, Dr. Herbert May, est particulièrement heureux que l’on rende enfin justice à l’importance du judaïsme rural franconien dans le musée de plein air. Avant que les collaborateurs du musée de plein air franconien ne commencent le démontage en 2015, le bâtiment de l’ancienne synagogue d’Allersheim, construite en 1740, était resté vide pendant plus de trente ans et était sur le point de s’effondrer. Jusqu’à la fin, il contenait pourtant l’ensemble des pièces d’une synagogue de campagne.
Dans la cave, les archéologues ont trouvé lors de fouilles le mikvé, le bain rituel juif qui ne pouvait plus être utilisé à partir de 1828 en raison des règles d’hygiène. Au rez-de-chaussée se trouvait l’appartement du rabbin et à l’étage se trouvait une salle de prière avec un plafond voûté en bois. En 1911, le bâtiment, qui n’a probablement été utilisé comme synagogue que jusqu’en 1880, a finalement été vendu à un agriculteur, car de plus en plus de juifs avaient quitté la campagne pour la ville. L’agriculteur a aménagé un salon et une chambre dans la salle de prière. Les collaborateurs du Musée régional de Franconie ont trouvé des parties du plafond de la salle de prière dans le faux plancher lors du démontage.
La synagogue doit maintenant être reconstruite au cours des deux prochaines années au Musée rural franconien. Les spécialistes du bâtiment ont démonté des pans entiers de murs de la synagogue en une seule pièce. Mais la reconstruction de l’ancienne salle de prière voûtée sera un défi particulier. Le restaurateur Dieter Gottschalk explique : “Techniquement, la reconstruction ne pose aucun problème. Il s’agissait d’une synagogue de campagne à l’aménagement simple et sans richesse”. Les difficultés ne viennent pas du cubage mais de l’intérieur de la synagogue. Gottschalt révèle : “Nous ne savons pas à quoi elle ressemblait à l’intérieur”.
C’est la raison pour laquelle le musée en plein air souhaite collaborer avec des experts en histoire juive. En 2022, la synagogue à l’apparence sobre devrait se trouver à côté du bâtiment scolaire de Pfaffenhofen et être accessible aux visiteurs*.
