28.01.2026

Chantier

Quand l’hydrofugation nuit à la façade

Les dommages de guerre et l'hydrofugation ont eu raison de la façade classée monument historique. Photo : Ville de Dortmund


PIERRE : Monsieur Ritter, comment procédez-vous à un inventaire ?

La façade néobaroque en grès et en lave basaltique du lycée Helmholtz, situé au nord de Dortmund et âgée de plus de 100 ans, a fait l’objet d’une rénovation coûteuse (STEIN 03/2018). L’architecte de Bochum Thomas Ritter parle dans l’interview de l’inventaire détaillé, de l’étendue des dommages et des effets de l’hydrofugation réalisée autrefois.

Thomas Ritter : Nous commençons par recenser l’existant géométrique. Cela signifie que nous établissons des plans qui servent de base pour pouvoir inscrire les cartographies et déterminer les masses. Pour cela, nous utilisons le relevé au tachéomètre et la rectification de photos. Nous plaçons des points de repère sur la façade, réalisons des photos parallèles à la façade et pouvons les rectifier à l’échelle à l’aide d’un logiciel. En outre, nous réalisons des dessins CAO.

En quoi consiste la deuxième étape ?

La deuxième étape est l’inventaire technique, et elle commence par la recherche de base dans les archives : Que s’est-il passé ? Comment s’est déroulée la chronologie des dommages ? Vient ensuite l’étape importante suivante : l’inspection de la façade à l’aide d’une nacelle élévatrice. On tapote et on palpe l’objet, on prélève des échantillons, on effectue des carottages pour déterminer la structure, on détermine manuellement les géométries des éléments de construction profilés, et ainsi de suite.

Dans quel état se trouvait la façade de l’école ?

Les surfaces en pierre de la façade étaient en train de s’écailler. Les écailles tombaient lentement, ce qui n’est pas très dangereux. L’autre phénomène vraiment dangereux était l’éclatement des pierres. La sécurité routière de la façade n’était donc plus assurée. En effet, des morceaux de pierre mesurant jusqu’à dix centimètres sur dix ou des coquilles de trois à cinq centimètres d’épaisseur se sont parfois détachés et sont tombés sur le trottoir.

Avant : les influences environnementales, les dommages de guerre et l'hydrophobie ont eu raison de la façade classée monument historique. Photo : Ville de Dortmund
En raison des dommages, la sécurité routière de la façade n'était plus assurée. Photo : Ville de Dortmund
Les pierres de grès clair se sont souvent effritées. Photo : Service des monuments historiques de Schorn
L'ancien mortier de jointoiement a été enlevé et certaines pierres ont été entièrement remplacées. Photo : Service des monuments historiques de Schorn
Les tailleurs de pierre ont également utilisé ce que l'on appelle des quadrillages de plaques, avec des hachures en vieil allemand. Photo : Service des monuments historiques de Schorn
Après : l'enveloppe extérieure néobaroque après les coûteux travaux de restauration. Photo : Tanja Slasten

Quelles étaient les causes de ces dommages ?

Le côté technologique lui-même. L’utilisation typique de moyens de fixation non protégés contre la corrosion, qui étaient installés à proximité de la surface. En effet, les éclats de pierre se produisaient en particulier dans les zones des agrafes en fer : Le matériau ferreux s’est corrodé, s’est dilaté et a fait éclater la pierre dans son intégralité. Et la deuxième cause était l’application d’une couche hydrophobe, conçue à l’époque comme une prétendue protection.

Cela signifie que l’hydrofugation a eu l’effet inverse de celui escompté ?

C’est généralement le cas, car l’hydrofugation n’empêche pas l’humidité de pénétrer. L’eau pénètre par les joints ou par les fissures des flancs, de même que par les surfaces insuffisamment hydrophobées. L’humidité ne peut se diffuser qu’avec un certain retard, gèle derrière les surfaces en pierre, se dilate. Et conduit ainsi à des éclatements et à un écaillage superficiel.

Faudrait-il en fait renouveler sans cesse un traitement hydrophobe ?

Ce serait en fait la conséquence. Mais cela suppose que la structure de la façade soit intacte. Dès qu’un dommage est apparu, on ne peut plus rien obtenir avec une hydrofugation. Si, après un premier traitement hydrofuge, la surface s’affaisse ou se décolle, il ne sert à rien de répéter cette mesure.

À quelle fréquence êtes-vous confronté à ce type de dommages et à d’autres similaires ?

Régulièrement, car c’est une orientation essentielle de notre bureau, depuis maintenant presque 18 ans. Et il arrive encore aujourd’hui des erreurs dues à un assainissement non conforme, qui sont toujours source de travail et le seront certainement encore dans les années à venir.

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