16.09.2025

Événement

Prix Pritzker 2021 pour Lacaton & Vassal

Le jury a rendu hommage au duo d’architectes français, Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal, pour leur attitude contemporaine, leur approche simple et leur courage intelligent.

Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal, photo : © Laurent Chalet

“La bonne architecture est ouverte – ouverte à la vie, ouverte pour permettre à chacun d’avoir un espace de liberté où il peut faire ce qu’il veut”, constate Anne Lacaton. C’est exactement ce qu’ont fait les deux architectes français Lacaton Vassal depuis la création de leur agence à Paris en 1987 : non seulement ils ont produit une bonne architecture, mais ils ont aussi considérablement amélioré le logement de nombreuses personnes. En évitant les démolitions et en agrandissant généreusement les bâtiments existants et en les rénovant sur le plan climatique.

Un de ses premiers projets, la maison Latapie à Floirac en 1993. Photo : © Philippe Ruault
Un de ses premiers projets, la maison Latapie à Floirac en 1993. Photo : © Philippe Ruault
Un de ses premiers projets, la maison Latapie à Floirac en 1993. Photo : © Philippe Ruault
Un de ses premiers projets, la maison Latapie à Floirac en 1993. Photo : © Philippe Ruault

"Démolir est une décision irréfléchie et à courte vue. C'est du gaspillage"

L’un de leurs premiers projets, la maison Latapie à Floirac en 1993, avait déjà fait sensation. Avec un doublement remarquablement peu coûteux de l’espace habitable restreint à l’aide d’éléments de serre simples et filigranes . Ils se sont ainsi fait connaître en dehors de la France (voir Baumeister 9/2014). C’était le premier témoignage de leur engagement social et environnemental, qu’ils poursuivent encore aujourd’hui de manière conséquente.

Lacaton et Vassal ont rénové cette tour d'habitation à Paris en 2011. Photo : © Philippe Ruault
Nouvel espace gagné après la rénovation. Photo : © Philippe Ruault
Nouvelle situation d'habitation après la rénovation. Photo : © Philippe Ruault

Ces derniers temps, Lacaton Vassal s’est surtout fait remarquer pour la rénovation et l’extension de tours d’habitation des années 1960. Il s’agit par exemple d’une tour d’habitation à Paris (2011) ou de trois grands immeubles d’habitation à Bordeaux (2017). Ici, ils ont empêché la démolition de l’environnement familier et ont pu améliorer de manière impressionnante les conditions de logement dans les 530 unités. La surface s’est agrandie grâce à des fenêtres à hauteur de plafond et à des balcons, terrasses et jardins d’hiver végétalisés en saillie. Il en a résulté un gain d’espace libre, indépendamment des saisons. Et ce, pour un tiers du budget qui aurait été nécessaire pour la démolition et la reconstruction. Anna Lacaton estime à ce sujet que “la démolition est une décision prise à la légère et à courte vue. C’est du gaspillage”.

Les amateurs d’art apprécieront en outre sa transformation du Palais de Toyko à Paris, dont les espaces grandioses la mettent en valeur comme un lieu inachevé et toujours transformable (Baumeister 3/2012). Ils ont également réussi à créer un environnement particulièrement évocateur avec la transformation du café de l’ArchitekturZentrum Wien (Baumeister 11/2011). Son plafond carrelé richement orné à l’orientale rappelle un café turc.
Le président du jury du Pritzker Prize de cette année, Alejandro Aravena, a fait l’éloge de Lacaton Vassal pour l’ampleur de son œuvre à ce jour : pour son approche à la fois respectueuse et simple, sa sensibilité radicale et son courage intelligent.

Regardez avec nous un duo de femmes fortes : le prix Pritzker 2020 est décerné à Yvonne Farrell et Shelley McNamara

Scroll to Top