23.12.2025

Projet

Porter l’eau dans le désert – Le Miracle Garden à Dubaï

Dubaï est connue pour ses attractions extrêmes destinées à attirer les touristes du monde entier. La ville se lance à présent dans le commerce des jardins : Avec le Miracle Garden, elle espère générer d’autres flux de visiteurs. Ce faisant, elle ne tient pas compte des aspects écologiques.

Du désert, du sable, des chameaux et rien ou presque. Bon, il y avait bien quelques personnes, mais il y a 50 ans, la péninsule arabique avait des attractions gérables. Puis les visions et le pétrole se sont rencontrés. Le paisible village de pêcheurs de Dubaï est devenu un happening clinquant avec des constructions record. La ville comme excès architectural. Après les gratte-ciel, les grands projets horticoles se succèdent à intervalles de plus en plus rapprochés.

Le Miracle Garden Dubaï est la dernière merveille horticole en date : 1,5 million de visiteurs s’y rendent en une courte saison, de novembre à avril. Ensuite, le monde floral multicolore et multidimensionnel composé de sculptures végétales est tantôt démoli sous forme de pyramide, de cube, de personnage Disney ou d’imitation d’Airbus A380, puis reconstruit de manière totalement différente : Plus fantaisiste, plus coloré, plus spectaculaire, le jardin et ses 150 à 200 millions de plantes se présentent toutefois de manière aussi envahissante que la bourdaine. En effet, 80 pour cent de toutes les plantes sont des pétunias et des fleurs d’étudiants. Ici, la masse l’emporte sur la classe. Comme le joueur de flûte de Hamelin, des hordes de visiteurs du monde entier défilent chaque jour, étourdis par la splendeur colorée mais terne des plantes.

Comme chacun sait, les goûts se discutent : Mais dans ce jardin, il n’est pas question de culture horticole, d’art végétal, d’aménagement paysager, de calme et de détente. Le jardin offre un spectacle sans âme et sans aucune approche de durabilité écologique. La masse colorée a besoin de 750 000 litres d’eau par jour, presque chaque plante sommeille dans des pots en plastique avec un substrat de tourbe. Derrière la monotonie colorée, les ressources sont gaspillées. Le jardin le plus fleuri du monde veut depuis longtemps s’étendre vers d’autres mondes avec des rejets. Et ce n’est pas un mirage.

80% de toutes les plantes sont des pétunias et des fleurs d'étudiants. (Photo : Jens Haentzschel)
Les associations avec Disneyland ne sont pas le fruit du hasard. (Photo : Jens Haentzschel)
750.000 litres d'eau sont nécessaires chaque jour pour cette plantation colorée. (Photo : Jens Haentzschel)
Le Miracle Garden de Dubaï affiche 150 à 200 millions de plantes. (Photo : Jens Haentzschel)
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