02.04.2025

Society

Observation des baleines à Paris

À l’occasion de leur exposition individuelle “Incidence” à la galerie GCA à Paris, les artistes Christian Rebecchi et Pablo Togni ont créé, en coopération avec la start-up Bepart, une installation virtuelle devant le Centre Pompidou : deux baleines qu’une application rend visibles. Elles réagissent à leur environnement et se transforment constamment.

En arrière-plan, une peinture murale de Jef Aerosol, en dessous la fontaine colorée de Jean Tinguely : non loin du très animé Centre Pompidou, deux baleines nagent dans l’air parisien. Du moins dans l’air parisien virtuel. Le lieu reflète différentes facettes de l’art – de l’art institutionnalisé dans le bâtiment du musée à l’art de rue bottom-up sur des espaces libres urbains. L’installation de Nevercrew ajoute un autre niveau : l’art dans l’espace virtuel. Ils disent eux-mêmes du choix du lieu qu’il s’agit d’un “hommage aux arts visuels, à la musique, à l’architecture, au street art, à Paris et à l’art en général”.


De la 2D à la 3D

En fait, l’équipe suisse de Nevercrew est connue pour ses projets classiques de street art en deux dimensions. Christian Rebechhi et Pablo Togni travaillent ensemble depuis 1996, date à laquelle ils ont été diplômés de l’Académie des Beaux-Arts de Milan. Leurs travaux sont basés sur des questions relatives à la condition humaine. Ils créent souvent des contrastes entre le monde humain et le monde naturel. Par exemple, un ours polaire est coincé dans une bouteille en PET froissée (“Exhausting Machine“) ou une baleine semble être coincée dans les fenêtres d’un bâtiment (“Realizing Machine“). Leur plasticité relie les projets entre eux : On a parfois l’impression que les baleines dépassent réellement du mur et qu’un ours polaire brille de manière aussi réaliste que s’il avait réellement trébuché dans de l’huile épaisse et noire comme du goudron. Ainsi, la nouvelle installation numérique à Paris semble être une évolution logique vers l’espace tridimensionnel.

La start-up : l’art numérique dans l’espace public

Les artistes suisses ont réalisé l’installation en collaboration avec la start-up italienne Bepart. Ces derniers mettent la plateforme à disposition. Bepart remplit la ville d’art urbain et permet à chacun d’ajouter des œuvres d’art à la ville – à condition d’avoir une tablette ou un smartphone avec soi, y compris l’application gratuite. Une carte indique à l’utilisateur où se trouvent les œuvres d’art numériques. S’il se trouve par exemple devant le mur d’une maison vide, il peut voir l’œuvre à travers l’écran de son smartphone. Le monde numérique est ainsi localisé géographiquement, semble tangible et est transporté dans le monde réel. La fenêtre sur ce monde parallèle est ici l’écran du smartphone. Il ouvre peut-être de nouveaux angles de vue sur l’environnement construit, en invitant les utilisateurs à jeter un coup d’œil sur une réalité modifiée à travers nos appareils mobiles.

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