03.10.2025

Public

Musée du Colorado par Diller, Scofidio + Renfro

Photo : Jason O'Rear


Accessible à tous

Un nouveau musée conçu par le bureau d’architectes new-yorkais Diller, Scofidio + Renfro célèbre les athlètes olympiques avec et sans handicap. Comme le bâtiment d’exposition devait être accessible à tous, l’accessibilité a joué un rôle majeur dans la conception.

Parfois, l’architecture apparaît comme un commentaire sur un lieu ou une époque. C’est le cas du musée olympique et paralympique américain de Colorado Springs. Le nouveau bâtiment d’exposition, conçu par Diller, Scofidio + Renfro, célèbre l’inclusion et la participation dans un lieu considéré comme l’un des plus conservateurs et évangéliques de tout le pays, à une époque où le gouvernement américain s’efforce constamment d’ignorer l’exigence d’égalité de traitement des différents groupes de population.

L’accessibilité a également été un facteur déterminant dans la conception du bâtiment de cinq mille cinq cents mètres carrés. Pour ce faire, on a eu recours à un concept de plan que l’on retrouve dans sa forme originelle au musée Guggenheim de Frank Lloyd Wright : le parcours d’exposition disposé en spirale autour d’un atrium, que le visiteur suit en profondeur en commençant par le point le plus haut. À Colorado Springs, les douze salles de la galerie sont reliées par des rampes en pente douce qui permettent aux personnes handicapées et non handicapées de suivre le parcours ensemble. Lors de l’élaboration de ce concept, les architectes et les organisateurs de l’exposition ont impliqué très tôt des athlètes paralympiques dans le processus de planification. Leur participation a notamment permis d’élargir les rampes afin qu’une personne en fauteuil roulant et une personne sans fauteuil roulant puissent marcher confortablement côte à côte. Les balustrades en verre qui donnent sur l’atrium sont un autre détail de l’aménagement qui contribue à l’accessibilité. Elles permettent de voir l’espace central depuis les galeries, même si l’on se trouve à la hauteur des yeux d’une personne en fauteuil roulant. Le sol lisse qui a été posé dans le bâtiment présente une résistance au roulement extrêmement faible. Pour le café, situé au rez-de-chaussée, des chaises faciles à déplacer ou à enlever ont été choisies.

Photo : Jason O'Rear
Photo : Jason O'Rear
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Photo : Jason O'Rear

A travers les yeux des athlètes

Gallagher & Associates ont conçu la scénographie du musée comme une expérience interactive qui doit plonger le visiteur dans la fascination et la vitesse du sport de compétition. L’idée directrice est de permettre au spectateur de devenir acteur et de vivre l’entraînement, la compétition et la victoire à travers les yeux de l’athlète. Le visiteur doit également comprendre la passion, le dévouement et le sacrifice que partagent tous les athlètes olympiques et paralympiques. Il est ainsi possible de s’exercer virtuellement au tir à l’arc, de voir une cérémonie d’ouverture olympique du point de vue des participants dans un cinéma à 360 degrés ou de découvrir dans l’espace “Lab” les prouesses technologiques qui permettent souvent de remporter des victoires. En fin de parcours, l’exposition aborde l’influence et l’importance des Jeux Olympiques sur la culture quotidienne actuelle et la compétition sportive en tant qu’élément de rapprochement des hommes et des peuples.

Des feuilles argentées se replient autour du corps de bâtiment

De l’extérieur, la peau argentée et brillante du bâtiment détermine l’aspect du U.S. Olympic and Paralympic Museum. Elle est composée de plus de 9.000 panneaux en aluminium anodisé en forme de losange. Les architectes ont plié d’immenses “feuilles” argentées, une par côté du bâtiment, sur le corps de la construction, qui se croisent au niveau du toit. Il en résulte, vu du ciel, la forme d’une éolienne jouet qui tourne autour d’un centre. L’extérieur du bâtiment renvoie ainsi aux galeries disposées en spirale à l’intérieur. En même temps, la forme confère au bâtiment du musée une dynamique pleine de tension, ce qui est tout à fait approprié pour un bâtiment qui célèbre l’athlétisme. Chaque détail de la conception s’inspire de la force et de la grâce des athlètes olympiques et paralympiques, explique Benjamin Gilmartin, associé chez Diller, Scofidio + Renfro. Sur les bords latéraux du bâtiment, des fentes de fenêtres plus ou moins étroites s’ouvrent entre les quatre feuilles et laissent entrer la lumière à l’intérieur. Au niveau du socle, les feuilles semblent s’effacer derrière une façade vitrée incurvée qui marque l’entrée du musée. En revanche, l’une des feuilles argentées de la façade semble littéralement repliée autour du volume de la salle de spectacle de 120 mètres carrés à l’étage. La surface frontale de la salle a été laissée libre. Elle se transforme en un mur de fenêtres qui offre une vue panoramique sur les Rocheuses.

Bien entendu, le musée olympique et paralympique américain n’a pas été créé pour s’opposer aux nombreuses grandes églises évangéliques et archiconservatrices de Colorado Springs. Il y a vu le jour parce que la commune est le siège du comité national olympique et paralympique des États-Unis et qu’elle abrite de nombreux centres de performance. C’est d’ailleurs pour cette raison que la ville se pare du surnom de “Olympic City USA”. Le concours d’architecture pour la construction du musée a été remporté par Diller, Scofidio + Renfro dès 2014, deux ans avant l’élection du gouvernement actuel. Mais cela ne change rien au fait que le bâtiment envoie un signal : pour l’intégration, pour l’inclusion et pour l’égalité. Et qu’il veut honorer sans distinction les meilleures performances de toutes les personnes pratiquant un sport, qu’elles soient handicapées ou non.

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