02.04.2025

Événement

Meilleure contribution nationale à la biennale récompensée

Pour sa contribution “Wetland”, le pavillon des Émirats arabes unis a reçu le Lion d’or de la Biennale Architettura 2021 en tant que meilleur participant national.

Photo : La Biennale di Venezia

Comme beaucoup de participants plus “jeunes” à la Biennale d’architecture, les Émirats arabes unis n’exposent pas dans leur propre pavillon des nations dans les Giardini, le lieu traditionnel de l’exposition. Au lieu de cela, ils présentent leur contribution “Wetland” à l’Arsenale, le complexe de chantiers navals de Venise qui remonte au Moyen-Âge. Wael Al Awar et Kenichi Teramoto, les architectes en chef du bureau interdisciplinaire Waiwai, présentent leur projet dans l’un des halls et salles qui ne se comptent plus.

Lorsqu’on pénètre dans la pièce de ce bâtiment industriel historique, on est d’abord frappé par les carreaux blancs qui recouvrent le sol. D’une part, ils font référence à la tradition architecturale arabe. D’autre part, ils sont une réminiscence des déserts de sel d’une clarté étincelante des Émirats, les sabkhas. Les sabkhas sont des dépressions géologiques peu profondes dans lesquelles de l’eau stagne de temps en temps. Lorsque l’eau s’évapore, des résidus de sel et des sédiments riches en minéraux s’y déposent. Le projet de Waiwai vise à extraire de ces dépôts un matériau de construction qui aurait le potentiel de remplacer le béton.

Photo : La Biennale di Venezia

Wetland cherche un substitut au béton

“L’industrie du ciment est responsable de 8 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Le béton est le deuxième matériau le plus consommé sur terre”, ont expliqué les commissaires Wael Al Awar et Kenichi Teramoto. “C’est pourquoi, sur la voie d’un avenir durable, il est absolument nécessaire de développer un matériau de construction sans effets aussi destructeurs pour l’environnement. Les sabkhas font partie des formations géologiques les plus riches des Émirats arabes unis et leur composition minérale a le potentiel de produire un matériau de construction naturel et renouvelable qui peut rivaliser avec le béton en termes d’évolutivité, de coût et de durabilité. Dans le cadre du projet de recherche Wetland, nous travaillons à l’exploitation de ce potentiel”. Pour ce faire, Waiwai s’est associé à la New York University Abu Dhabi, à l’Université de Tokyo et à l’American University of Sharjah.

Photo : La Biennale di Venezia

Mais les cristaux de sel des sabkhas ne pourraient couvrir qu’une petite partie des besoins. Les déchets des usines de dessalement de l’eau de mer constituent une source bien plus abondante. Les chercheurs ont pu développer une structure synthétique à partir de la saumure qui s’y trouve, qu’ils présentent dans le pavillon de la biennale. Les curateurs l’ont façonnée en lingots. Ils les ont ensuite empilés pour former des structures d’apparence archaïque pour Wetland. Des échantillons de roches et de grandes photos prises dans les sabkhas complètent la présentation. Les photos font le lien avec les carreaux blancs au sol. Depuis des siècles déjà, on construit avec du sel dans l’oasis de Siwa en Égypte, font remarquer les commissaires de Wetland dans le catalogue de l’exposition. A leurs yeux, le monde entier peut s’inspirer de cet exemple.

Le Lion d’or de la meilleure contribution à la Biennale d’architecture 2021 a d’ailleurs été attribué au bureau berlinois Raumlabor.

Photo : La Biennale di Venezia
Scroll to Top