Le sociologue Nikolaj Schultz donne un nom au sentiment d’impuissance face aux conséquences du changement climatique : le “mal des campagnes”. Dans son livre, il se penche sur la relation entre l’homme et l’environnement. Ce qu’il observe, les conclusions qu’il en tire et la valeur ajoutée que les planificateurs* peuvent tirer de ce livre, c’est ce qu’écrit Jingyi Li dans une critique.
Dans "Landkrank", le sociologue Nikolaj Schultz se penche sur la relation entre l'homme et son environnement. Couverture : Suhrkamp Verlag
Le lien entre le "mal des transports" et le changement climatique
Vous associez une tasse de café tôt le matin à une pénurie d’eau ? Alors vous souffrez du mal des campagnes. Nikolaj Schultz, sociologue à l’université de Copenhague, explique les conflits sociaux et l’interaction entre les hommes et la nature à partir d’un récit de vacances.
En 122 pages et 13 chapitres, Schultz écrit une histoire de rencontres, d’observations, d’émotions et de pensées. Celles-ci se déroulent sur l’île méditerranéenne française de Porquerolles. Dans “Landkrank”, il transmet aux lecteurs* ce qu’il apprend de ces expériences sur la relation entre l’homme et son environnement. Schultz associe ce qu’il a vu et entendu à une vision sociologique et crée ainsi de nouvelles perspectives. Le livre s’ouvre sur une description de la chaleur persistante à Paris, qui l’amène à réfléchir à l’impact des actions humaines sur l’environnement. En quête de soulagement, il décide de fuir la métropole et entreprend un voyage sur l’île française de Porquerolles. En discutant avec les habitants et en découvrant les événements qui s’y déroulent, il se rend compte qu’il souffre du “mal de la campagne”. Celle-ci se manifeste lorsque l’on prend de plus en plus conscience du changement climatique, mais que l’on n’est pas en mesure de s’adapter aux changements sociaux et économiques rapides du monde.
Des questions critiques qui font que le livre vaut la peine d'être lu
Le titre du livre, “Landkrank”, éveille la curiosité. La première moitié du livre est déprimante et donne le sentiment que les gens sont impuissants face au changement climatique. Puis, dans la deuxième moitié du livre, l’auteur reconstruit l’espoir en décrivant l’éveil progressif de la conscience des habitants* pour la terre, la protection de l’environnement et les nouvelles méthodes de planification. Tous les chapitres sont structurés selon les thèmes de la nature, de la philosophie et de la sociologie. Comme il n’y a pas de lien direct entre ces thèmes, on peut lire aussi bien un chapitre que la réflexion de l’auteur en peu de temps. L’essai nécessite néanmoins des connaissances de base en sociologie et en études environnementales. Schultz utilise de nombreux termes anthropologiques, sociologiques et géologiques qu’il est facile de retrouver dans un index. Cela offre la possibilité d’élargir ses propres connaissances. A un moment clé, une Porquerollaise demande à l’auteur de quitter la plage, car celle-ci est fréquentée par de nombreux touristes* et elle ne peut plus trouver de place pour elle-même. Il en résulte un doute chez les lecteurs*, qui se demandent si ces dialogues sont intentionnellement rédigés par l’auteur afin de susciter chez les lecteurs* une adhésion aux affirmations qui suivent. La voix de la minorité ou de la majorité des habitants de l’île* est-elle représentée ? Ces questions critiques rendent ce livre particulièrement intéressant à lire.
Plaidoyer pour la reconnaissance mutuelle
En tant qu’essai “ethnographique”, ce recueil de textes est un plaidoyer pour la reconnaissance mutuelle entre différentes disciplines et s’adresse ainsi à tous les concepteurs*. Le livre peut servir de guide stimulant pour fournir aux planificateurs* de nouvelles perspectives d’analyse sociale et éthique dans l’architecture du paysage.
“Landkrank” de Nikolaj Schultz, traduit de l’anglais par Michael Bischoff, est paru en 2024 chez edition suhrkamp.
Le texte a été rédigé dans le cadre de l'”atelier d’écriture scientifique en architecture du paysage” de la chaire d’architecture du paysage et de transformation de la TUM, sous la direction du professeur Udo Weilacher. Dans le cadre de ce séminaire, les étudiants* choisissent de la littérature spécialisée et élaborent ensemble des recensions de livres individuelles.
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