23.01.2026

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Maison rouge bleue

Dans les vastes étendues de l’Alentejo portugais, la Casa Azul se fond presque dans l’environnement. Le rouge dominant de la maison répète les tons de la nature environnante. L’architecte Ricardo Bak Gordon associe la couleur à une architecture formelle rigoureuse.

A une bonne centaine de kilomètres au sud de Lisbonne, un paysage de collines douces caractérise les environs de la petite ville de Grândola. Ici, en Alentejo, peu de choses poussent. Lorsqu’il fait chaud, une couleur rougeâtre domine le paysage. C’est précisément cette couleur que Ricardo Bak Gordon adopte. Avec la Casa Azul, il a conçu et construit une maison qui, à quelques éléments près, est rouge comme la terre. Pourtant, l’architecture se démarque nettement de la nature. Elle trône presque sur une petite colline, d’où le regard peut se porter loin et librement.

Photo : Francisco Nogueira

La petite ville de Grândola est un chef-lieu de district en plein essor. Autrefois, la région vivait de l’agriculture et de l’industrie. Aujourd’hui, la ville bénéficie d’une liaison ferroviaire rapide vers la capitale Lisbonne et vers Faro, au sud du Portugal. De plus, la côte atlantique n’est qu’à une trentaine de kilomètres de Grândola. Outre son grand marché et une grande foire agricole, c’est ce qui fait aujourd’hui l’attrait de la localité. C’est notamment pour cette raison que les nouveaux quartiers autour de l’ancien centre-ville ne cessent de se développer. Bien que la Casa Azul ait elle aussi été construite récemment, elle n’a rien à voir avec les maisons des nouveaux quartiers. La “maison bleue” se trouve au milieu du paysage vallonné de la Serra de Grândola. C’est ici, à une dizaine de kilomètres de la ville, sur le Monte dos Patos, que s’est trouvé le terrain idéal pour construire la Casa Azul.

Photo : Francisco Nogueira

Casa Azul - maison bleue toute rouge

Sur le versant du Monte dos Patos, la Casa Azul fait le lien entre le ciel et la terre. Le corps du bâtiment reprend les couleurs du sol et s’élève de là vers le bleu du ciel. L’entrée de la maison se trouve au nord. Un chemin y mène à une cour d’entrée. De là, on pénètre dans la maison ou on monte sur le côté par un escalier extérieur jusqu’à la terrasse. Dès la cour, la couleur rouge domine. Aussi bien l’escalier en pierre naturelle que le revêtement de sol s’intègrent dans la couleur de l’environnement. Seule l’entrée est blanche et se démarque, tout comme les cadres blancs des fenêtres. Le socle est encastré dans le terrain. Sur ce socle sont empilés des corps de bâtiment cubiques en saillie et en retrait qui forment l’étage d’habitation.

Photo : Francisco Nogueira

L’architecte Ricardo Bak Gordon compare le plan à un énorme réservoir d’eau fixé à un mur. Mais vue d’en haut, la forme de base de la Casa Azul fait aussi penser à un ange aux ailes déployées. Les jambes étroites se trouvent au nord et les ailes se déploient vers le sud. En effet, à partir de l’entrée étroite située au nord, le bâtiment s’étend en gradins vers le sud. La façade sud s’ouvre finalement sur toute la largeur du bâtiment avec un léger élan vers le soleil, vers le vaste paysage. Elle est précédée d’une terrasse. C’est là que l’on retrouve les éléments blancs. La partie centrale de la longue façade incurvée se détache en blanc du rouge clair du reste du bâtiment, tout comme la piscine.

Photo : Francisco Nogueira
Photo : Francisco Nogueira

La nature à l'intérieur et à l'extérieur

Bien que la vue et l’espace attirent, la façade ne comporte que peu d’ouvertures. A droite et à gauche du centre à un étage, des corps de bâtiment plus élevés s’élèvent. Ici, le bâtiment possède des espaces semi-ouverts. Ces “salons en plein air” sont dotés d’ouvertures dans le mur. Comme des fenêtres sans cadre, elles permettent de voir dans toutes les directions. Les plafonds des salons en plein air sont constitués d’un tressage qui protège du soleil. En revanche, le sol et les murs reprennent le rouge clair que l’on retrouve dans toute la maison. Plus on pénètre à l’intérieur de la Casa Azul, plus les pièces deviennent privées. Elles se regroupent autour d’un petit patio intérieur privé, ouvert sur le ciel.

Photo : Francisco Nogueira

Partout, les murs de la Casa Azul sont enduits de mortier calcaire. Il a la même couleur rougeâtre à l’intérieur et à l’extérieur. Le terrain autour de la Casa Azul est en grande partie laissé à l’état naturel. Il n’y a pas beaucoup de plantations ou d’aménagements. Seuls quelques éléments sculpturaux et décoratifs sont disposés sous les vieux arbres existants. La Casa Azul est presque posée comme un bloc erratique sur un terrain vierge. Mais son architecture en dit aussi long sur le climat local. Des murs épais emmagasinent la fraîcheur. Les petites ouvertures dans les façades ne laissent entrer que peu de soleil. Il ne fait aucun doute que l’architecte Ricardo Bak Gordon a réussi avec la Casa Azul une œuvre architecturale à la fois magnifique et sensible.

Des formes strictes, un soleil éclatant. La Casa Mérida au Mexique de l’architecte Ludwig Godefroy vit également de la combinaison de ces éléments.

Photo : Francisco Nogueira
Photo : Francisco Nogueira
Photo : Francisco Nogueira
Photo : Francisco Nogueira
Photo : Francisco Nogueira
Photo : Francisco Nogueira
Photo : Francisco Nogueira
Photo : Francisco Nogueira
Photo : Francisco Nogueira
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