25.12.2025

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Mail de Tokyo (4)

Hiroshima, Kyoto, Osaka sont des changements bienvenus par rapport à Tokyo, mais pourquoi en est-il ainsi ? Qu’est-ce qui différencie les autres métropoles japonaises de Tokyo et pourquoi se sent-on mieux là-bas ?

Mais j’aimerais d’abord vous donner un aperçu des villes comparables. A commencer par Osaka, la troisième plus grande ville du Japon, réputée pour sa gastronomie et importante d’un point de vue architectural, puisque c’est dans cette ville que Tadao Ando s’est installé et a réalisé la plupart de ses projets. Mon circuit à Osaka avait donc pour objectif principal de visiter autant de ses bâtiments que possible en deux jours. Ma liste comportait donc cinq bâtiments impressionnants : le Hyogo Prefectrual Museum of Arts, le Water Temple, le complexe Awaji Yumebutai, le Sayamaike Museum et la Church of Light. J’ai pris suffisamment de temps pour découvrir, m’attarder et photographier ses bâtiments, parcourant ainsi en passant la localité de Kobe et l’île d’Awaji.

La ville elle-même, malgré un trafic et des bâtiments similaires, donne une impression plus saine que Tokyo, notamment parce que de nombreux espaces publics sont utilisés par les habitants pour faire du sport, danser ou pratiquer d’autres activités communautaires. On a l’impression que la population est plus accueillante, moins méfiante et que l’on rit même dans les transports en commun.

Venons-en maintenant à Kyoto, la ville des temples, mais surtout la ville du tourisme. Celui qui se fixe comme objectif cette attraction touristique ne doit pas s’étonner de la bousculade et du brouhaha autour des temples bouddhistes et des sanctuaires Shintō. Mais derrière cette façade se cache une ville remarquable. Malgré une population d’environ un million et demi d’habitants, on a l’impression de se trouver dans une région de village plutôt que dans une grande ville. Cela est dû en grande partie aux mesures légales prises pour préserver la structure historique de la ville. C’est pourquoi Kyoto est en grande partie soumise à une limitation de la hauteur des constructions, à des restrictions strictes en matière de publicité extérieure et à des réglementations concernant la mixité des zones commerciales et résidentielles. Tout cela doit empêcher Kyoto de se transformer en une métropole moderne et sans visage. Ce qui m’a personnellement le plus impressionné, en plus des édifices religieux, c’est la préservation de l’artisanat traditionnel dans cette ville, on peut souvent avoir un aperçu des petites manufactures et acheter des produits sélectionnés.

Tokyo, en revanche, n’a pas pu préserver beaucoup de ces choses. Le progrès industriel a envahi cette ville et l’a transformée en un rien de temps en une froide machinerie de la modernité. Les gens vivent serrés les uns contre les autres dans leurs propres microcosmes, mais avant tout, il y a le travail. Les perspectives alléchantes d’une carrière réussie poussent de plus en plus de Japonais à s’installer dans la mégapole.

Pourtant, pour moi aussi, cette ville exerce une incroyable fascination. J’entretiens une relation amour-haine avec Tokyo. D’un côté, elle propose une offre incroyable en matière de culture et d’éducation, mais d’un autre côté, elle est aussi repoussante et solitaire.

La Baumeister Academy est soutenue par Graphisoft et le salon BAU 2017.

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