14.01.2026

Mail de Rotterdam (3)

Shigeru Ban. Ce nom est connu au moins depuis la dernière annonce du Pritzker Prize. Google crache pas moins de 1.540.000 résultats lorsque l’on recherche cet homme japonais, de préférence vêtu de noir. Il y a un peu plus de deux semaines, le titre officiel a été décerné à Amsterdam lors d’une grande cérémonie et le jour suivant, Shigeru a été interviewé en petit comité.

Comme ce n’est pas tous les jours que l’on peut admirer de près un lauréat du Pritzker, il a été décidé avec quelques collègues de se rendre une fois de plus à Amsterdam pour participer à l’interview. Je dois dire que je ne m’attendais pas du tout à ce que nous avons vécu cet après-midi-là. Une atmosphère détendue dans un cadre restreint – le Rijksmuseum avait été choisi comme lieu de la remise des prix – a permis d’avoir une impression presque privée de l’architecte. Projetées au mur, quelques images choisies par Shigeru Ban ont servi à illustrer la discussion. Parmi elles, le Centre Pompidou-Metz, une esquisse de John Hejduk, Frei Otto, la Paper Church à Kobe et quelques autres. La manifestation commence par une brève introduction, puis la discussion – ou beaucoup plus de récits.

Des débuts de Shigerus, marqués non pas par des architectes japonais mais par des architectes américains, jusqu’à son travail pour les régions en crise – qu’il aurait aimé réaliser sans aucune influence de la politique, car celle-ci est beaucoup trop lente – de nombreux thèmes ont été abordés et le public a également eu la possibilité de poser des questions. Il a été question de responsabilité, de son arrière-plan culturel et intellectuel. La structure, la matérialité et bien sûr le papier. On sentait à quel point, en tant qu’architecte, il adhérait vraiment à ce qu’il disait.

Dans la presse, l’attribution du titre Pritzker de cette année a fait l’objet de controverses. L’architecture n’était pas assez visionnaire. Pas assez iconique. Shigeru Ban n’est certainement pas un “architecte star” au sens habituel du terme. Mais c’est quelque chose qui, à mon avis, le rend d’autant plus impressionnant et inspirant. Son authenticité, que l’on peut également reconnaître dans ses projets. Il investit autant de temps dans des projets d’aide que dans ses projets habituels. Le facteur humain joue un rôle plus important que la forme pure.

A la fin de l’interview, il a raconté la journée précédente. À quel point le fait que Rem Koolhaas soit assis au premier rang et ait l’air terriblement sérieux l’avait rendu nerveux. D’une certaine manière, c’est très rassurant de voir que même les lauréats du prix Pritzker ne sont pas à l’abri de l’omniprésence de Rem Koolhaas.

Quick Update – les dernières semaines au bureau

Il s’est écoulé un certain temps depuis le dernier article et beaucoup de choses se sont passées – le dernier mois à MVRDV commence pour moi cette semaine. Mais il y a aussi de très bonnes nouvelles : Mon équipe a remporté le premier concours auquel j’ai participé. On a déjà porté un toast et fêté l’événement. Vous trouverez plus d’informations sur le concours et, je l’espère, des photos dans le prochain article !

Et sinon, que s’est-il passé à Rotterdam ?

Nous avons vu : Des conférences de Kengo Kuma et Shigeru Ban à Delft et Amsterdam. En outre, la biennale de Rotterdam IABR sur le thème “urban by nature”.
Lu : “Lecture” : O.M. Ungers – The Dialectic City
Cliqué sur le site : Le livestream de la cérémonie du Pritzker Architecture Prize
Demandé : L’optimisation du m2 est-elle encore de l’architecture ?
Appris : En Suisse, tout est différent. Il y a un abri anti-bombardement.
Pensé : Comment ? Gagné ? Bonjour l’adrénaline !

La Baumeister Academy est soutenue par Graphisoft.

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