27.01.2026

Habiter

Logements subventionnés

“L’alpha et l’oméga de tous les petits logements ou logements ouvriers est leur petitesse, c’est en elle que résident – en comparaison avec tous les autres logements – tous les avantages particuliers ainsi que tous les inconvénients particuliers ; si l’on veut améliorer sensiblement un petit logement, il n’y a en général rien de plus efficace que de l’agrandir, mais chaque fois que l’on agrandit un petit logement, sa problématique particulière devient aussi beaucoup plus problématique ; par ex.Par exemple, si l’on prend en compte des dimensions d’espace trop importantes lors de la planification de petits appartements, il n’est pas rare que leur réalisation devienne impossible” écrit Heinrich Tessenow en 1909 dans son livre “Wohnhausbau” paru aux éditions Georg D.W. Callwey.

Mais par la suite, Tessenow ne se heurte pas à cette tâche de construction, il développe plutôt, avec la manière qui lui est propre – un mélange de sobriété, d’esprit linguistique et de sens aigu de l’observation – un manuel précis pour la construction de petits appartements et de petites maisons.

Ce qui est beau, c’est qu’il ne s’agit pas d’une quelconque pléiade d’architectes ou de formules d’amélioration du monde comme chez Le Corbusier, mais d’un “métier” sérieux de construction d’un habitat digne, bien que très efficace, qui laisse en même temps apparaître une idée d’espace libre public et privé. Dans ce sens, il ne s’agit donc peut-être pas d'”art de la construction”, mais certainement des aspects artistiques de la construction quotidienne.

Tessenow écrit : “De la même manière que le déclin le plus évident de la culture architecturale en Europe – (Seigneur, à quel pessimiste culturel avons-nous affaire ici !) – depuis la fin du siècle dernier jusqu’à aujourd’hui a été accompagné et est accompagné par une appréciation généralement soulignée de l’étrange, du frappant, du ‘surfait’, etc, toutes les nouveautés ou particularités frappantes sont toujours non maîtrisées par le maître d’œuvre, et dans la mesure où nous avons directement à faire à la maîtrise d’œuvre, nous ne pouvons guère accorder assez d’attention aux questions les plus quotidiennes et les plus simples ; leur réponse fiable constitue le seul fondement solide de toute culture architecturale”.

Les résultats architecturaux de cette attitude sont naturellement suspectés, du point de vue actuel, de la plus grande pusillanimité. Et pourtant, en tant que jeune architecte, on aurait très envie de s’attaquer avec le même sérieux au thème aujourd’hui non moins actuel des logements “abordables” – surtout dans une ville comme Munich. Et l’on aimerait faire appel à toute son intelligence architecturale (intacte) (même si elle n’atteint pas celle de Tessenow) et faire ce que nous autres architectes – si nous parvenons à contenir nos tendances égomaniaques – sommes probablement encore les meilleurs : Imaginer d’abord l’espace de vie, le penser, le planifier et ensuite le rendre constructible ! Les adeptes du bottom up et de la participation peuvent me dire beaucoup de choses – aujourd’hui encore, aucun espace (urbain) ni aucun logement utilisable ne voient le jour sans planification.

Il est vrai que si l’on regarde une grande partie des nouveaux quartiers de Munich, l’inverse est loin d’être vrai, la planification n’entraîne pas nécessairement la création de bons quartiers. Oui, et pourquoi tout ce subjonctif maintenant ? Si les anciens n’y parviennent manifestement pas, alors faites-le, vous les jeunes architectes !

Ce serait bien ! Mais tant que, sous l’épée du VOF, la condition préalable à une planification est déjà de nombreuses planifications et réalisations antérieures – quelle que soit leur qualité – le chat se mord la queue. Et comme nous le savons, aucune queue n’est devenue meilleure ou même plus belle… Oh là là, dans quelles jérémiades cela dérive-t-il ? Ça suffit ! … même si on peut encore en avoir une :

Car comme l’a dit récemment un (vieux) fonctionnaire municipal en chef lors d’une conversation : Nous ne sommes pas responsables de la mauvaise qualité de la construction de logements, ou du moins nous n’en sommes pas responsables. Dans tous les cas, il ne veut pas que les processus soient modifiés. Car, et maintenant attention, si nous essayons quelque chose de nouveau, nous ne savons pas à l’avance si cela s’améliorera.

Eh bien, bonne nuit … suite à venir …

Illustration : Scan de Heinrich Tessenow, “Wohnhausbau”, nouvelle édition, Rostock, 2008, p. 132/133

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