Pour Olafur Eliasson, l’art est un pic sur le nez de la nature. Pour lui, il ne s’agit pas en premier lieu d’art, mais de connaissance, d’expérience et de perception de la nature et du paysage. Son installation “Riverbed” au Louisiana Kunstmuseum près de Copenhague imite un paysage que tous les visiteurs de l’Islande connaissent : sable, gravier, pierres, matériaux volcaniques, le tout dans les plus belles nuances de gris. Un cours d’eau se fraie un chemin à travers toute l’aile sud du musée.
L’exposition comprend une installation de films et une salle avec des maquettes de l’œuvre d’Eliasson des années précédentes. Pour Eliasson, artiste danois d’origine islandaise, la nature est une boîte à outils à l’aide de laquelle il explore l’élasticité de la perception. Il ne s’intéresse donc pas tant à l’œuvre exposée dans le musée qu’à l’art. Il aimerait plutôt savoir comment on se vit soi-même dans ce paysage artistique. Par expérience, nous nous retrouvons dans notre environnement habituel. Mais que se passe-t-il en terrain inconnu ou même inhabituel ? Pour son exposition The Mediated Motion au Kunsthaus Bregenz en 2001, Olafur Eliasson a confronté les visiteurs au brouillard, à l’eau, à la boue, au bois ou aux champignons, et donc à une multitude d’expériences sensorielles lors de leur déambulation dans l’espace.
En Islande, les randonneurs traversent des rivières de manière fiable, ressentent l’eau froide, la pression des galets, marchent sur des rives sablonneuses. Mais comment les visiteurs se comportent-ils dans le cadre architectural et institutionnel d’un musée ? L’espace modifié crée des perceptions différentes, les gens se comportent différemment. La démarche devient incertaine sur un terrain inhabituel, sans doute parce que les chaussures de marche sont restées au placard et que rares sont ceux qui s’exposent à l’art pieds nus, alors que cela offrirait peut-être, en souvenir de Hugo Kükelhaus, la meilleure expérience sensorielle.
L’un des films présentés, Movement microscope (2011), montre des danseurs dans l’atelier d’Eliasson. L’artiste aimerait voir les visiteurs danser dans les éboulis, puisqu’il s’est produit en tant que breakdancer lors de sa première manifestation en Louisiane en 1984.
Voir le film Movement microscope (2011) d’Olafur Eliasson sur Youtube
Vers la biographie d’Olafur Eliasson
Copenhague
RIVERBED – Olafur Eliasson
Exposition jusqu’au 4 janvier 2015
Lieu : Louisiana Museum of Modern Art
http://en.louisiana.dk
