23.12.2025

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Les pinacothèques transmettent des archives du national-socialisme

L’Institut Doerner, de renommée mondiale – qui fait partie des collections de peintures de l’État de Bavière depuis avril 1947 – cède aux Archives fédérales environ 80 unités de dossiers et de plaques de verre datant de l’époque du national-socialisme.

Les pinacothèques de Munich remettent aux archives fédérales des dossiers datant de l’époque du national-socialisme – environ 14 000 documents et des images sur près de 1 000 négatifs sur verre appartenant à l’Institut Doerner de Munich. Cet institut de renommée mondiale – il conserve tous les trésors artistiques des pinacothèques de Bavière et fait partie des collections de peinture de l’État de Bavière depuis avril 1947 – a été fondé en 1937 sous le nom de Reichsinstitut für Maltechnik. À l’époque du national-socialisme, il faisait partie de la Reichskammer der bildenden Künste (Chambre des beaux-arts du Reich), dont les dossiers sont considérés comme perdus à ce jour. Les archives revêtent donc une grande importance pour l’histoire contemporaine.

Le professeur Andreas Burmester, qui a dirigé l’Institut Doerner pendant de nombreuses années, a reconstitué minutieusement l’histoire de l’Institut de technique picturale, qui remonte au XIXe siècle, sur la base de documents d’archives récemment mis à disposition. L’étude des questions de technique picturale et de technologie artistique a une longue tradition à Munich, comme dans aucune autre ville allemande : c’est ici que se sont tenus en 1893 le “Ier Congrès” et la “Ière Exposition de technique picturale”.

Andreas Burmester : La lutte pour l'art. Max Doerner et son Reichsinstitut für Maltechnik. La couverture du livre est ornée d'une aquarelle d'Ernst Würtenberger. L'ami peintre a fait le portrait de Max Doerner vers 1889.
La photo montre Max Doerner vers 1937.
L'ensemble des dossiers de l'Institut Doerner à Munich est transféré aux Archives fédérales.

Max Doerner (1870-1839), qui enseignait à l’Académie des beaux-arts l’utilisation pratique des matériaux de peinture pour les artistes, a été chargé en juin 1934 d’élaborer les plans d’un institut impérial de la technique picturale. Le 19 juillet 1937, au lendemain de l’ouverture de la Haus der Deutschen Kunst, l’institut Doerner est officiellement créé. “Le fait que cette date coïncide avec l’inauguration de l’exposition ‘Art dégénéré’ par Adolf Ziegler est une coïncidence programmatique, puisqu’elle lie la création de l’institut au ‘Nouvel art allemand’ au sens où l’entendaient les dirigeants nationaux-socialistes. Même si l’inauguration de l’Institut Doerner a lieu dans un cadre restreint, elle doit être considérée dans le contexte de nombreuses autres manifestations organisées à l’occasion du week-end d’ouverture de la Haus der Deutschen Kunst”, souligne Andreas Burmester. Max Doerner est alors âgé de près de 70 ans et sa santé est fragile. Il séjourne souvent dans sa résidence d’été à Weßling et ne correspond avec ses collaborateurs que par écrit. Il décède deux ans seulement après la fondation.
L’ouvrage en deux volumes présenté par Andreas Burmester, “Der Kampf um die Kunst. Max Doerner et son Reichsinstitut für Maltechnik” (Boehlau Verlag, 2016) est considéré comme un jalon d’une étude basée sur des dossiers primaires. Un chapitre de l’étude de l’histoire de l’institution est ainsi clos. Le fonds est un premier ensemble que les collections de peinture de l’État de Bavière versent aux archives de l’État.

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