Quel est le coût de l’environnement ? C’est à cette question que se consacre le projet Naturkapital Deutschland, dirigé par des scientifiques du Helmholtz-Zentrum für Umweltforschung. L’objectif : mettre en évidence la valeur sociale des écosystèmes et décrire de manière scientifiquement fondée les multiples prestations des écosystèmes et des surfaces naturelles en Allemagne.
Karsten Schwanke, journaliste de télévision et métreur, est membre du comité consultatif du projet Naturkapital. Dans cette interview, il explique pourquoi il est important de pouvoir chiffrer la valeur de la nature.
Le bien-être des gens dépend du bon fonctionnement des écosystèmes. Ils fournissent de l’oxygène pour la respiration, de l’eau propre, des aliments, des matières premières de base pour les médicaments, des matières premières industrielles et sont des réservoirs pour les gaz climatiques, des modèles pour les solutions techniques et bien plus encore. À cela s’ajoute une série de prestations culturelles qui améliorent considérablement la qualité de vie : Nous nous réjouissons d’une promenade en forêt, de la beauté de la nature et des possibilités de détente qu’elle nous offre.
Pourtant, la perte de biodiversité, la finitude des ressources naturelles et la dégradation des écosystèmes sont des phénomènes de plus en plus fréquents. La disparition des services écosystémiques est souvent difficile à compenser et généralement à un coût élevé, qui se répercute surtout sur l’économie nationale et doit être supporté par la collectivité. De nombreux exemples internationaux ont permis de démontrer : La protection et l’utilisation durable de la nature et de la biodiversité sont rentables – également d’un point de vue économique. C’est ce qu’ont démontré de manière impressionnante les résultats de l’initiative internationale TEEB The Economics of Ecosystems and Biodiversity (2007-2010). Rendre ces relations visibles pour l’Allemagne est un objectif important de “Naturkapital Deutschland”.
Il s’agit par exemple de déterminer la valeur sociale des forêts, des zones alluviales et des marais, ou encore des espaces verts et forestiers urbains. Et les politiciens et les dirigeants économiques doivent ensuite être confrontés à ces conclusions. Un premier rapport sur le climat devrait être publié en 2013.L’étude n’a pas pour but de déterminer la valeur monétaire des plantes et des animaux individuels ou d’indiquer le mérite monétaire de la nature en Allemagne. Elle énumère plutôt des exemples de services écosystémiques, comme la production de denrées alimentaires, l’influence des forêts sur le climat ou les qualités récréatives du paysage. Valeurs de la biodiversité et des écosystèmes et leur recensement (légèrement modifié et traduit d’après ten Brink dans TEEB 2008).
Le graphique ci-dessus est tiré de la brochure “La valeur de la nature pour l’économie et la société”, qui peut être téléchargée en format pdf.
