29.03.2025

Projet

Le toit comme jardin

Les fermes sur les toits apparaissent de plus en plus souvent dans les villes du monde entier. On les trouve également dans les agglomérations denses des camps de réfugiés palestiniens au Proche-Orient. Car les fermes sur les toits sont plus qu’une simple production alimentaire urbaine. Au niveau local, elles contribuent à rendre les communautés locales plus autonomes. Dans un contexte global, elles répondent au défi mondial que représente le changement climatique. Deux exemples de la Jordanie montrent les avantages des fermes sur les toits – en Jordanie, mais aussi au niveau international pour les villes denses.

L'utilisation créative de matériaux existants fait partie intégrante des fermes sur le toit du camp "Husn" © Julia Brennauer
Il n'y a pratiquement pas d'espaces verts dans le camp et la structure des bâtiments ne laisse rien d'autre que quelques ruelles étroites. © Phil-Torben von Lueder
La ferme sur le toit fait partie intégrante du centre culturel "Jadal" à Amman depuis presque deux ans © Greening the Camps
Dans le camp de "Jerash", on expérimente des techniques d'irrigation innovantes, comme l'irrigation en profondeur et l'hydroculture © Greening the Camps
Avec les jeunes du camp, l'ONG "Greening the Camps" construit des modules pour la première ferme sur le toit © Greening the Camps

Fermes sur les toits à Amman et Jérash

Les rues sont étroites, la structure des bâtiments est dense et l’air est poussiéreux et chaud. Il n’a pas plu depuis longtemps et les effets du changement climatique sont particulièrement perceptibles dans les pays secs comme la Jordanie. Un groupe d’hommes est assis à l’ombre et boit du thé. En face d’eux, quelques jeunes jouent au football, comme si les rayons piquants du soleil ne les atteignaient pas. “Al-Husn” est l’un des treize camps de réfugiés palestiniens dans le nord de la Jordanie. A l’origine, les camps ont été créés pour héberger des réfugiés pendant une période limitée. Aujourd’hui, certains existent depuis soixante-dix ans et ont pris la forme d’une ville informelle extrêmement dense. Les espaces verts sont rares et la structure des bâtiments ne laisse place qu’à des ruelles étroites. Mais si l’on est vigilant, on peut parfois découvrir de petits jardins sur les toits d'”Al-Husn”. L’organisation locale “Al-Karmel-Club” a planifié et réalisé au cours des deux dernières années un total de 43 fermes sur toit privées et institutionnelles. Sur environ 15 mètres carrés, une multitude de fruits et de légumes locaux y poussent toute l’année dans des serres spécialement conçues à cet effet, avant d’être cuisinés sur place.

L’organisation non gouvernementale belge “Greening the Camps” suit une approche similaire. En tant que projet pilote, cette équipe jeune et interdisciplinaire a réalisé la première ferme sur le toit d’un centre culturel à Amman, la capitale de la Jordanie. Un autre projet a récemment vu le jour dans une école professionnelle du camp de réfugiés de “Jerash”. L’accent n’est pas seulement mis sur le travail avec la communauté du camp, mais aussi sur l’expérimentation de techniques innovantes d’agriculture urbaine. Il s’agit notamment de systèmes d’irrigation économes en eau, comme l’hydroculture ou l’irrigation en profondeur. Ceux-ci sont particulièrement indispensables dans les pays secs comme la Jordanie. Comme dans le camp “Husn”, on travaille surtout avec des matériaux recyclés, comme de vieux bidons d’eau ou d’huile.

Plus conscient d’une alimentation saine

Même si la mise en œuvre spatiale des deux projets est très différente, tous deux créent une première possibilité d’autosuffisance. Cela crée finalement une capacité d’action locale plus autonome de la communauté locale. Dans le contexte extrêmement dense des camps d’exilés palestiniens, le toit est enfin perçu comme une ressource spatiale existante. Il semble donc logique d’utiliser cette précieuse ressource de manière productive. Enfin, les fermes urbaines sur les toits permettent de prendre conscience de l’importance d’une alimentation saine et d’une production alimentaire locale – une prise de conscience qui semble se perdre de plus en plus dans le monde entier.

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