L’Égypte a toujours été confrontée aux pilleurs de tombes, mais le problème s’est encore aggravé depuis la révolution : Les voleurs ne se contentent pas de vider les chambres funéraires, ils pillent également les musées, car les trésors archéologiques ne sont plus suffisamment surveillés. En août dernier, des intrus ont pris d’assaut le musée archéologique de Mallawi, dans la province méridionale d’Al-Minia. Ils ont renversé des vitrines et détruit des statues trop lourdes pour être emportées. Presque toute la collection a disparu. Le Musée égyptien du Caire avait déjà été pillé en janvier 2011, et là aussi, les émeutiers ont détruit de nombreuses pièces d’exposition. En outre, les fouilles illégales font malheureusement partie du quotidien depuis la révolution, car le vol d’antiquités est un commerce très rentable. Selon l’Unesco, des destructions ont également touché des édifices religieux dans plusieurs villes. – La destruction de biens culturels a atteint un nouveau niveau avec la vague actuelle de pillages.
La raison en est le manque de surveillance des sites historiques : Après les émeutes, l’appareil de sécurité s’était retiré. Aujourd’hui, les policiers sont certes de retour dans les rues, mais ils sont surtout occupés par les protestations récurrentes. Derrière ces attaques contre le patrimoine culturel se cachent différentes motivations : D’une part, des islamistes fanatiques veulent faire disparaître les vestiges des “pharaons païens”. D’autre part, la colère générale contre l’État se traduit par des actes de violence contre les institutions publiques. Mais surtout, les objets d’art antiques peuvent être monnayés.
L’Unesco se montre très préoccupée par le patrimoine culturel du pays. La directrice générale de l’organisation onusienne pour l’éducation et la culture, Irina Bokova, a parlé de “dommages irréparables pour l’histoire et l’identité du peuple égyptien”. La directrice générale de l’Unesco a appelé à la protection des musées, des sites historiques et des monuments. Les autorités égyptiennes devraient en outre mettre un terme au trafic de biens culturels volés. Il reste à espérer que les conditions s’améliorent rapidement en Égypte, car “le patrimoine culturel unique de l’Égypte n’est pas seulement un héritage du passé avec son histoire mouvementée, mais aussi un legs pour les générations futures”, a déclaré la directrice générale de l’Unesco, Mme Bokowa.
