Boris Frohberg, restaurateur diplômé, s’est penché sur l’observation des nouvelles constructions dans les monuments historiques. Comme la reconstruction à l’identique devient en grande partie invisible en raison du vieillissement, le choix des matériaux et des formes doit ici offrir une délimitation consciente en poursuivant la construction. Mais comment, par quoi et avec quoi ? Une analyse
La nouvelle construction dans un monument, qu’il s’agisse d’un musée ou non, est un phénomène passionnant. Alors que dans le cas d’une copie intégrale ou d’une mesure de restauration, l’art de l’architecte ne peut généralement pas être suffisamment mis en valeur, la nouvelle construction dans l’existant ouvre au concepteur un vaste champ de tensions. Toutefois, ce n’est souvent qu’avec le recul que l’on peut décider si ses solutions sont durables et perçues comme des enrichissements. Étant donné que la reconstruction fidèle au matériau devient largement invisible en raison du vieillissement, le choix des matériaux et des formes doit ici offrir une délimitation consciente par la poursuite de la construction. Mais la question est de savoir comment, par quoi et avec quoi.
Le Louvre à Paris a reçu la pyramide de verre et d’acier dans la cour intérieure, conçue par Ieoh Ming Pei et inaugurée en 1989. Elle sert d’entrée principale au musée du Louvre et, bien que très critiquée au départ, elle est aujourd’hui considérée comme l’un des symboles de Paris. Pei a doté la cour de l’ancien arsenal de Berlin, avec les importants masques d’Andreas Schlüter, d’un élégant toit en verre et a planifié la construction du nouveau bâtiment d’exposition temporaire, qui ont tous deux été relativement vite acceptés par tous. Le bâtiment dit Pei met l’accent sur l’urbanisme et peut être considéré, avec son imposant escalier en colimaçon mis en scène comme une spirale de verre, comme un fleuron de l’architecture moderne au centre de Berlin.
La nouvelle interprétation interprète le plafond en forme d’arc d’une manière contemporaine, mais peu convaincante.
En revanche, la remarquable voûte en plastique de la petite cour du château de la Résidence de Dresde, conçue par le professeur Peter Kulka, se démarque de manière frappante, en tant que corps étranger, du paysage mou de la ville, par ailleurs solidement restauré. Le foyer central des musées est désormais recouvert de coussins transparents soutenus par un treillis en acier à double courbure. L’effet de la cour, richement décorée d’éléments architecturaux de la Renaissance, n’en est pas affecté, mais son aspect visuel est fortement dégradé. Pour l’exposition permanente de l’armurerie, la nouvelle salle géante du même architecte constitue le point culminant de l’espace. La salle de réception historique, longue de près de 60 mètres, a été détruite par un incendie en 1701. La nouvelle interprétation rétablit certes les proportions, mais interprète le plafond voûté d’une manière contemporaine, mais peu convaincante.
