État de la recherche, discussions sur les thèses et nombreuses notes de bas de page
Somptueusement peu agréable à lire : le catalogue de la Grande exposition nationale sur le merveilleux maître de Messkirch laisse passer l’occasion d’enthousiasmer le profane intéressé.
Il n’est pas toujours facile de trouver l’équilibre entre l’exigence scientifique et le traitement intéressant d’un sujet d’étude artistique, tant au niveau de la langue que du contenu. Surtout lorsqu’il s’agit d’un artiste anonyme, de tentatives de l’attribuer à une personnalité artistique connue, d’attributions et de dépréciations et d’études techniques sur les matériaux. Mais il est possible de trouver un équilibre entre un divertissement intelligent et une présentation sérieuse des faits.
Mais le catalogue de la grande exposition régionale du Bade-Wurtemberg “Der Meister von Meßkirch” ne veut manifestement pas de ce mélange éprouvé. La magnifique publication, qui, avec ses 420 illustrations, introduit parfaitement visuellement à l’époque et à l’œuvre de l’artiste, propose des descriptions de l’état de la recherche sur le maître sans nom, des discussions sur les thèses et de nombreuses notes de bas de page. C’est beau, important et juste si ce catalogue était une publication purement scientifique. Mais il accompagne la première grande exposition sur le grandiose maître de Messkirch, qui a célébré une fois de plus la splendeur des programmes iconographiques catholiques à l’époque de Luther et de Cranach, avec beaucoup d’or et une peinture exquise, et qui n’a pourtant reçu jusqu’à présent aucun nom, aucune biographie, aucune tombe. Cela le rend intéressant – au-delà de la peinture – et contribuera certainement au succès de l’exposition. Mais le catalogue ne fait guère état de l’enthousiasme et de la fascination des scientifiques pour cet artiste.
Les restauratrices n’ont guère droit à la parole.
Ce n’est pas tant une question de choix des thèmes que de langage et d’attitude envers le lecteur. Celui qui, comme l’éditrice et curatrice Elsbeth Wiemann, discute d’un état de la recherche, ne veut manifestement pas communiquer avec le visiteur de l’exposition. Les restauratrices Lydia Schmidt et Eva Tasch n’ont même pas l’occasion de discuter. Leurs explications sont courtes, très courtes, trop courtes. Elles ne peuvent que mentionner les résultats intéressants de leurs recherches, mais n’ont pas la chance d’expliquer leur travail et de transmettre leurs vastes connaissances.
Il y a dix ou quinze ans, un tel catalogue aurait été la norme. Mais depuis, les musées ont beaucoup appris sur leurs visiteurs et leurs intérêts. Cela se traduit par de nouveaux designs d’exposition, des programmes de médiation modifiés et des catalogues faciles à lire. Dommage que Stuttgart ait opté pour plus de tour d’ivoire et moins de bavardage scientifique.
Données du livre : “Der Meister von Meßkirch – Katholische Pracht in der Reformationszeit”, éd. Elsbeth Wiemann, Hirmer Verlag, 408 p., 420 ill., 45 euros ; ISBN 978-3-7774-2918-2
Pour en savoir plus sur le Maître de Messkirch, lisez notre dernier numéro de RESTAURO.
