24.01.2026

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Le magazine RESTAURO se penche sur ses racines

Ute Strimmer
Adolf Wilhelm Keim (en allemand). Photo : RESTAURO

Adolf Wilhelm Keim (en allemand). Photo : RESTAURO

En 2022, le nom de notre revue spécialisée RESTAURO fêtera son 50e anniversaire. Et pourtant, nous sommes encore bien plus vieux : voici un regard sur les débuts de la recherche en technique picturale à Munich vers 1900.

Elle a 50 ans, notre revue spécialisée RESTAURO. Il ne s’agit toutefois que du nom de RESTAURO. Claus Grimm (qui deviendra plus tard professeur) – l’historien de l’art a été rédacteur en chef de la revue de 1972 à 1991, succédant au spécialiste des techniques picturales Kurt Wehlte (1897-1873) – a imaginé ce mot artificiel. En 1972, il s’ajouta pour la première fois au titre précédent, “Maltechnik – Technische Mitteilungen für Malerei”, afin d’élargir le contenu de la revue qui paraissait alors tous les trois mois. “Sous ce titre, la première revue de restauration en langue allemande devait devenir un forum supranational pour les technologues et les artistes intéressés par la technologie, les restaurateurs et les spécialistes de musées”, écrivait l’éditeur de l’époque, Karl Baur-Callwey, dans la préface du premier numéro de 1972.


Ce qui lie RESTAURO à Adolf Wilhelm Keim

La revue a été initiée il y a plus de cent ans, en 1884 plus précisément, par Adolf Wilhelm Keim (1859-1913). Il est le fondateur de l’entreprise Keimfarben, qui connaît encore aujourd’hui un grand succès. En 1878, Adolf Wilhelm Keim – chimiste autodidacte – obtient un brevet impérial pour les couleurs minérales qui portent son nom. Mais ce Munichois d’origine était aussi une personnalité importante de la scène artistique locale vers 1900 : à une époque où éclatait ce que l’on a appelé la querelle des couleurs de Munich, il s’engagea de manière litigieuse pour l’assurance qualité dans la fabrication des couleurs et pour la recherche des causes des dommages liés à la technique picturale. Au début des années 1880, il réussit à mettre en place une station d’essai pour la technique picturale à l’Académie des Beaux-Arts de Munich.

Vue de la première édition des "Praktisch- und Chemisch-technischen Mitteilungen für Malerei und Baumaterialienkunde" (1er octobre 1884). Photo:RESTAURO
Vue de la première édition des "Praktisch- und Chemisch-technischen Mitteilungen für Malerei und Baumaterialienkunde" (1er octobre 1884). Photo : RESTAURO
Photo : RESTAURO

Au 19e siècle, les colorants synthétiques sont apparus sur le marché

En effet, outre les découvertes révolutionnaires dans le domaine de la perception des couleurs, des colorants synthétiques étaient apparus sur le marché au 19e siècle. “La peinture est alors entrée dans une crise dramatique, car les couleurs en tube, largement utilisées et prometteuses, et les nouveaux pigments industriels se sont rapidement révélés totalement peu fiables en termes de fidélité des tons et de durée de conservation”, explique le Dr Kathrin Kinseher, qui a rédigé une thèse très complète intitulée “Farben-Streit und maltechnische Forschung in München. Ein Beitrag zum Wirken von Adolf Wilhelm Keim” (chaire de restauration, de technologie de l’art et de science de la conservation de l’université technique de Munich, 2013) sur les conséquences de ces recherches, développements et production de couleurs en matière de technique picturale, y compris la transmission théorique et la commercialisation économique dans le dernier tiers du 19e siècle. “Tant sur les toiles que dans les peintures murales, des dommages et des pertes durables se sont produits, posant des problèmes insolubles aux artistes”.


Des "Praktisch- und Chemisch-technischen Mitteilungen für Malerei und Baumaterialienkunde" à RESTAURO

Adolf Wilhelm Keim avait initié les “Praktisch- und Chemisch-technischen Mitteilungen für Malerei und Baumaterialienkunde” (bulletins pratiques et chimiques pour la peinture et la science des matériaux de construction) en tant que plateforme pour informer sur les peintures et les vernis disponibles dans le commerce et sur les dysfonctionnements de l’industrie des peintures. Le premier numéro est paru le 1er octobre 1884. Dans la préface, l’expert en peinture écrit : “Le but principal de ce journal est d’examiner et d’expérimenter les différents produits de peinture, couleurs et matériaux de construction disponibles dans le commerce quant à leur valeur scientifique ou non, leurs avantages et inconvénients d’utilisation, ou de porter sans réserve les résultats de ces examens à la connaissance du public. Il s’agit également de faire connaître les recettes, les procédés et les artifices techniques les plus divers (…)”. Les groupes cibles étaient les artistes, les peintres décorateurs, les architectes, les fabricants, les restaurateurs, les techniciens, les écoles d’art et d’artisanat. Après la Seconde Guerre mondiale, la revue paraît sous le titre “Maltechnik. Technische Mitteilungen für Malerei und Bildpflege” à partir de 1955. En 1972, elle prend le titre de “Maltechnik. RESTAURO” et paraît depuis 1988 sous le nom de RESTAURO.

Page de couverture "Technique de peinture. RESTAURO" 3/1972. Photo : RESTAURO
Page de couverture "Technique de peinture. RESTAURO" 3/1972. Photo : RESTAURO

Les "Technischen Mitteilungen für Malerei", source importante de la technologie de l'art et de l'histoire de la restauration

Les “Technischen Mitteilungen für Malerei” comptent aujourd’hui parmi les sources importantes de la technologie artistique et de l’histoire de la restauration. C’est pourquoi les années 1884 à 1943 sont disponibles sous forme numérique depuis 2015 pour la science de la conservation et les technologies appliquées dans le domaine de la peinture, des intérieurs et des surfaces peintes du patrimoine culturel architectural sur https://www.technischemitteilungen.com. En étroite collaboration avec les peintures à base de germes, la Cultural Heritage Agency of The Netherlands a rendu ces contenus accessibles à des fins d’élargissement des connaissances et de recherche. L’index de l’édition complète a été mis à disposition pour le projet par l’Institut suisse pour l’étude de l’art (SIK) à Zurich.

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