15.01.2026

Musée

Le Louvre et son méga-entrepôt d’art

Vue des salles de dépôt encore partiellement vides dans le grand bunker artistique du Louvre à Lens. Photo : Rogers Stirk Harbour + Partners/Louvre-Lens/Bruynzeel

Vue des salles de dépôt encore partiellement vides dans le grand bunker artistique du Louvre à Lens. Photo : Rogers Stirk Harbour + Partners/Louvre-Lens/Bruynzeel

Le nouveau bunker d’art du Louvre dans le nord de la France est considéré comme unique en son genre. Il doit abriter quelque 250.000 œuvres en toute sécurité. Bruynzeel de Panningen a conçu les espaces de stockage.

Vue des salles de dépôt encore partiellement vides dans le grand bunker artistique du Louvre à Lens. Photo : Rogers Stirk Harbour + Partners/Louvre-Lens/Bruynzeel
Vue des salles de dépôt encore partiellement vides dans le grand bunker artistique du Louvre à Lens. Photo : Rogers Stirk Harbour + Partners/Louvre-Lens/Bruynzeel

Le méga-dépôt du Louvre dans le département du Pas-de-Calais, dans le nord de la France, dans la région Hauts-de-France, a coûté 60 millions d’euros. C’est à Lens, à environ 200 kilomètres de Paris, que le Louvre a ouvert sa dépendance en 2012. Et c’est désormais là que 250 000 œuvres doivent être stockées en toute sécurité. Marquée jusqu’à la fin des années 1980 par l’exploitation de la houille, Lens est ainsi devenue un important centre de recherche et de conservation de l’art.

La double implantation du Louvre est considérée comme faisant partie du développement de la ville, afin d’aider l’ancienne région minière à se développer et à revivre. Brice Mathieu, le directeur du nouveau dépôt, souligne qu’il conçoit l’installation dans cette zone comme un remerciement de l’État à la population. Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une décentralisation culturelle menée en France depuis une trentaine d’années. La nation a confié au Louvre des trésors qui sont en danger à Paris et qui sont en sécurité ici, a expliqué le directeur du Louvre Jean-Luc Martinez lors de l’inauguration du Centre de Conservation en octobre dernier.

Le directeur du musée faisait ainsi référence aux inondations de la Seine qui ont régulièrement menacé les collections dans les réserves du Louvre et de ses antennes. En 2016, le musée avait même dû fermer ses portes pendant quatre jours pour déplacer ses œuvres des caves vers le premier et le deuxième étage. En 48 heures, quelque 35 000 œuvres ont été mises en sécurité. Le fonds est réparti sur 68 sites. Le bunker de 18.500 mètres carrés a été conçu par le bureau d’architectes britannique Rogers Stirk Harbour + Partners (Londres).

Richard Rogers, lauréat du prix Pritzker, est également l’auteur du Centre Pompidou de Paris, conçu en collaboration avec Renzo Piano. La nouvelle aile du British Museum (Londres), où un dépôt de cinq mille mètres carrés a été aménagé, a également été réalisée par ce bureau renommé. Le site de Lens jouxte le parc du musée du bâtiment du Louvre. Les deux institutions ne se touchent pas seulement, mais sont reliées par un pavillon transparent et translucide conçu par les architectes de SANAA. Le complexe lui-même a été conçu de manière à apparaître comme un pendant au Louvre-Lens et à compléter le site.

Le bunker artistique minimaliste du Louvre, qui ressemble de l’extérieur à un tremplin, est également composé de beaucoup de béton et de verre : À l’est, il disparaît presque dans la terre, à l’ouest, il sort du sol sur plusieurs mètres de haut avec d’immenses baies vitrées. Il ne sert pas uniquement au stockage, mais doit à l’avenir servir de centre de collection et faire de l’établissement l’un des plus grands centres d’étude et de recherche d’Europe. Environ 1.700 mètres carrés sont donc consacrés à l’étude et à la restauration des œuvres.

Lisez la suite dans RESTAURO 2/2021.

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