19.11.2025

Habiter

Le centre d’or

L’attention au lieu de l’isolement. À Tokyo, de jeunes architectes comme les bureaux Be-Fun Design et EANA expérimentent des concepts qui doivent permettre la cohabitation de plusieurs parties dans la grande ville dense. Exemple : un immeuble en bois dans le quartier un peu plus huppé de Soshigaya, avec quatre appartements de 30 à 70 mètres carrés.

Un moloch dans lequel l’intimité est bousculée de toutes parts : En raison de l’extrême densité de la ville, la plupart des Japonais ont longtemps considéré qu’il était désagréable de devoir vivre à Tokyo. Ceux qui pouvaient s’offrir une maison individuelle veillaient à protéger leur espace privé et à se couper autant que possible de la ville. L’isolement des maisons par rapport au voisinage est ainsi devenu un thème central de l’architecture résidentielle japonaise. Ces dernières années, on observe toutefois une tendance inverse : la tentative d’ouvrir les maisons sur la ville, d’activer les voisinages, de redynamiser les relations sociales.


Japan_Architektur_Wohnen

Japan_Eana_Architektur

L’ensemble est un peu caché dans la deuxième rangée. On y accède par un étroit chemin d’accès depuis la rue. Le corps de bâtiment d’environ 86 mètres carrés abrite quatre unités d’habitation qui s’enroulent comme une parenthèse autour d’un espace extérieur en forme de cour. Celui-ci sert d’espace libre commun aux habitants. La plus grande unité d’habitation, dans laquelle le maître d’ouvrage a emménagé avec sa famille, constitue le point de départ de l’ensemble architectural. Des dalles carrées de différentes tailles posées sur un lit de gravier mènent à la cour autour de laquelle sont regroupées les autres unités d’habitation.


Japan_Eana_Wohnen

Architektur_Japan_Wohnen

Les architectes ont tissé étroitement la zone commune avec les espaces extérieurs privés, c’est-à-dire les entrées et les balcons des trois petites unités en duplex. Malgré cette densité, la proximité ne doit pas être imposée aux habitants. Les ouvertures des fenêtres ne sont donc pas orientées vers l’intérieur de la cour, mais vers l’extérieur, et les zones d’entrée des petites unités peuvent être séparées par de grandes portes coulissantes en bois.

Le concept de création de communauté ne fonctionnera que si les habitants sont en principe disposés à entrer en contact plus étroit avec leurs voisins. Il est toutefois probable que la conception de la maison Soshigaya attire surtout des locataires qui attachent de l’importance à ce type de lien. En outre, un concept d’événements a été mis au point pour faire en sorte que la cour soit régulièrement partagée par les habitants. Et peut-être même par d’autres personnes vivant dans le quartier.

Vous en saurez plus à partir du 1er septembre dans le Baumeister 9/2014.

Photos : Be-Fun Design/Hiroyuki Hirai

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