25.01.2026

Hôtel

Le Bauhaus en Orient

Les toits-terrasses sont vendus à Tel Aviv

Notre rédactrice Friederike Voigt n’aime pas du tout l’automne froid et humide en Allemagne. C’est pourquoi elle s’est récemment rendue à Tel Aviv, où le soleil brille encore chaudement en novembre. Dans la “ville blanche” au bord de la mer, comme on appelle aussi Tel Aviv, elle a fait une incursion dans les rues Bauhaus de la City et a ainsi entrepris un voyage inspirant dans le passé.

“Ville blanche au bord de la mer”, cela ressemble à un conte de fées. C’est le cas. Non loin des marchés aux épices arabes se trouvent 4 000 bâtiments du Bauhaus. La plupart d’entre eux resplendissent encore dans leur blancheur et attirent les amateurs d’architecture. Mais cela pourrait bientôt changer.

De nombreux architectes juifs – dont certains avaient étudié au Bauhaus de Dessau – ont fui l’Holocauste dans les années 1930 et sont venus en Israël. Tel Aviv était alors prévue comme une cité-jardin aux portes de la ville portuaire arabe de Jaffa. L’afflux de réfugiés a transformé la cité-jardin en une grande ville à la croissance fulgurante. Les architectes juifs réalisèrent leurs rêves de maisons de construction – grâce à la construction bon marché en béton, il fut possible de faire de la nécessité une vertu.

Les toits-terrasses sont vendus à Tel Aviv pour financer une rénovation. En contrepartie, l'acheteur peut continuer à construire sur deux étages. Photo : Friederike Voigt
La "maison thermomètre" est le nom du bâtiment. Les éventails sont censés faire de l'ombre. Photo : Friederike Voigt
Au lieu de fenêtres en bande, les architectes de Tel Aviv ont construit des bandes de balcon. Photo : Friederike Voigt
Les petites fenêtres laissent entrer moins d'air chaud dans le bâtiment que les vitres de grande taille. Photo : Friederike Voigt
L'art dans le bâtiment dans la "ville blanche" au bord de la mer. Photo : Friederike Voigt
Changement de perspective : à Tel Aviv, on découvre le style Bauhaus d'une toute autre manière. Photo : Friederike Voigt
Les grandes ouvertures dans les maisons doivent être protégées du soleil. Photo : Friederike Voigt
Des arrondis plutôt que des angles pour "adoucir le dessin" d'un bâtiment. Photo : Friederike Voigt
Sur ce bâtiment, même les fenêtres sont rondes. Photo : Friederike Voigt
Dans les années 1930, la couleur blanche de la façade était un signe. Elle symbolise un nouveau départ pour les Juifs en Israël. Photo : Friederike Voigt

Donner un signal politique avec le Bauhaus

Les nouveaux bâtiments devaient tout sauf incarner les blocs monumentaux de l’époque nazie : En premier lieu, ils devaient rayonner. Au lieu de lignes verticales qui tendent vers le ciel, ils mettaient l’accent sur l’horizontalité. Au lieu de coins pointus, des arêtes rondes. Au lieu de toits en pente, mieux vaut des toits plats. Au lieu de la symétrie, plutôt l’équilibre.

“C’est pourquoi certains bâtiments du Bauhaus à Tel Aviv, avec leurs fenêtres rondes et leur pergola sur le toit, font penser à un bateau”, explique l’audioguide que l’on peut emprunter au Bauhaus-Center local, situé au 77 de la Dizengoffstraße. L’équilibre est aussi important pour un bateau que pour un bâtiment de style Bauhaus, apprend-on. De plus, le bateau est un signe de progrès – après tout, Tel Aviv devrait être le début d’une nouvelle étape de la vie.

Certains éléments du Bauhaus qui fonctionnaient en Europe ont toutefois dû être réécrits à Tel Aviv. Les fenêtres en bande de Le Corbusier ont dû être abandonnées en raison du climat et ont été remplacées par des bandes de balcon. Une fente étroite au bas du balcon contribue à la circulation de l’air. Les toits plats ont également été réaménagés en terrasses de toit et servent de point de rencontre aux habitants de l’immeuble pendant les chaudes nuits d’été.

Une ville en mutation

Depuis 2003, le quartier blanc de Tel Aviv avec ses nombreux bâtiments Bauhaus est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Au total, 2 000 maisons sont classées monuments historiques. Mais ni la ville ni l’Unesco ne financent la rénovation, qui serait pourtant nécessaire pour tant de maisons. Les propriétaires s’aident en vendant le toit utilisé en commun – la vente permet de financer la rénovation de l’ancien bâtiment. En contrepartie, l’acheteur peut construire deux autres étages sous les toits. Cela n’a pas grand-chose à voir avec la protection du patrimoine. Ainsi, la ville en bord de mer ne s’arrête jamais, mais avance comme une caravane. Mais c’est une autre histoire.

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