17.09.2025

Society

La ville comme pacemaker ?

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Le parc se transforme en terrain de sport

Le manque d’activité physique dans la vie quotidienne urbaine, associé à des conséquences croissantes sur la santé des personnes de tous âges, est un problème auquel certaines villes sont actuellement confrontées. Et ce, bien que le sport dans l’espace public n’ait jamais été aussi populaire. L’architecte paysagiste Ulrike Böhm estime que : C’est le moment idéal pour mettre en place des stratégies globales et des plans directeurs pour les espaces urbains destinés à l’activité physique. Certaines villes se lancent d’ailleurs déjà à fond.

Les espaces ouverts sont à bien des égards un facteur décisif pour la qualité de vie dans les villes : ils sont des lieux d’intégration sociale et permettent la rencontre et la participation sociale – les gens de tous les groupes de population s’y rencontrent. En tant qu’îlots de verdure, ils améliorent le climat urbain et permettent de faire l’expérience esthétique de la nature et de l’environnement bâti. De plus, ils constituent un cadre propice à la détente, au jeu et à l’exercice physique.


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Recherche La Doce : Yeonjun Choe © Städtebau Institut Stuttgart

C’est précisément ce cadre qui gagne actuellement en importance. En effet, l’éventail des activités orientées vers le mouvement et le sport dans les espaces libres publics s’élargit. De plus en plus d’initiatives ayant les mêmes intérêts sportifs s’organisent, souvent de manière spontanée, “bottom-up” et en associations lâches : Ils se donnent rendez-vous via les réseaux sociaux pour faire de la gymnastique suédoise, du yoga ou du slackline. Point de rencontre : le parc voisin. De nombreuses photos et vidéos sur Instagram, YouTube et autres témoignent de cette évolution.

Les parcs urbains et les espaces verts sont les nouveaux terrains de sport. Ils doivent supporter cette charge supplémentaire. Parallèlement, la demande pour les offres des associations dotées d’espaces libres et sportifs dédiés diminue. Et ce, alors que les espaces libres publics sont déjà limités. A moyen terme, le rapport entre les zones ouvertes à l’utilisation et les zones dédiées se déplace donc. De vastes prairies ouvertes sont décomposées en un patchwork d’offres sportives et récréatives spécifiques pour des groupes d’utilisateurs sélectionnés. Cela se fait souvent sans tenir compte de l’aménagement existant et sans l’architecte paysagiste qui avait initialement planifié le projet.

Pourtant, des projets tels que l’Israels Plads à Copenhague de Cobe Architekten, la Landhausplatz à Innsbruck de LAAC et le Westpark à Augsbourg de Lohaus Carl Köhlmos Landschaftsarchitekten (voir page 20 dans le G+L 11/2019) montrent qu’il vaut la peine de confier la planification à un architecte paysagiste et, dans le meilleur des cas, de penser aux exigences dès la conception des espaces libres.


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Recherche Israel Plads : Max Hüffer, Julius Freidrich © Städtebau Institut Stuttgart

De l’espace pour le mouvement

Il est réjouissant de constater qu’avec cette nouvelle envie de bouger dans l’espace public, des lieux délaissés sont redécouverts ou redécouverts. Le parking Park’n’Play de JaJa Architekten à Copenhague en est un exemple. Sur le toit s’étend un grand paysage en tartan avec des barres et des filets à grimper (voir page 36 dans le G+L 11/2019).
Même les sites qui semblent peu attrayants au premier abord, comme les infrastructures de transport ou les anciens sites industriels, profitent de cette tendance. Le 15 Colonnade Bike Park à Seattle ou l’Underpass Park à Toronto en sont des exemples. Tous deux étaient des espaces résiduels inutilisés sous des ponts, que les citadins ont découverts pour eux-mêmes : comme bike park et aire de jeux. Sous l’impulsion de cette appropriation individuelle et de l’engagement d’acteurs citoyens, ces deux lieux ont été officiellement réutilisés et revalorisés.

En jouant et en animant ces zones auparavant peu attrayantes, leur perception et leur connotation publiques changent également. Les riverains et les voisins s’y rencontrent. Enfin, des mesures de revalorisation sont mises en place, qui améliorent la qualité de l’espace libre et élargissent ainsi encore l’éventail des utilisateurs.
Mais il n’y a pas que les actifs qui se retrouvent pour faire du sport ensemble. Une étude récente de la Deutsche Krankenversicherung (DKV) le montre : Plus de la moitié des citoyens allemands ne font même pas une demi-heure d’activité physique par jour. La politique, l’administration et les disciplines de planification ont entre-temps reconnu ces deux tendances contradictoires. Il serait surtout important de proposer une offre de possibilités sportives à bas seuil.

Sport en forêt : Ayşin Can, Susanne Kacik, Sule Karabiyikoglu, Carina Peter © Städtebau Institut Stuttgart

Des concepts globaux sont nécessaires

Pourtant, tous ces faits ne constituent pas encore un thème général de conception des espaces libres ou un contenu des concepts d’urbanisme. De plus, les activités informelles axées sur le sport et l’activité physique ne bénéficient pas de subventions. Le fait que les services compétents dans les administrations appartiennent à des domaines spécialisés complique encore la situation. Pour un concept de développement d’espaces urbains dédiés à l’activité physique à l’échelle de la ville, une collaboration interministérielle est nécessaire. Néanmoins, une poignée de villes allemandes se sont emparées du sujet. Hambourg, par exemple, fait la promotion du label Global Active City depuis 2018. La condition pour obtenir ce label de l’Active Wellbeing Initiative est de proposer des offres pour un mode de vie actif et conscient de sa santé. Les villes doivent se soumettre avec succès à un examen détaillé de leurs stratégies en matière de sport et d’activité physique.

Analyse de Stuttgarter Stäffele : Arzum Coban, Berta Keerl Ferrer, Alina Gold, Liam Hall, Dominic Plag © Städtebau Institut Stuttgart

Objectifs communs

Stuttgart élabore actuellement un “Masterplan Urban Bewegungsräume” (plan directeur des espaces de mouvement urbains) afin de rassembler des solutions concrètes. Deux objectifs sont en ligne de mire : Les espaces urbains doivent être aménagés de manière à faciliter l’activité physique au quotidien. Ils doivent ensuite être progressivement reliés entre eux afin de promouvoir l’activité physique. Le concept est interdépartemental. Le processus, accompagné par une équipe de planificateurs, comprenait une vaste enquête auprès des citoyens et une journée d’étude interdisciplinaire.

Il est clair que le thème est ancré à différents niveaux. D’une part, il s’agit de l’activité physique au quotidien. Et donc, bien sûr, d’espaces publics aménagés en conséquence. Mais aussi, tout simplement, de la boulangerie ou du supermarché d’à côté. Lorsqu’ils ferment, rares sont ceux qui se déplacent encore à pied. Internet n’est qu’à un clic et la voiture est juste au coin de la rue. Les villes et les communes devraient s’opposer à ces évolutions en planifiant, ou du moins en créant de nouvelles destinations attrayantes.

D’autre part, l’attention se porte également sur les personnes qui sont de plus en plus attirées par l’exercice physique et qui conquièrent de plus en plus les parcs et se disputent ainsi la surface. Il faudrait ici créer des possibilités numériques qui permettent de coordonner les activités. Si, dans le même temps, une discussion sur la robustesse et le potentiel de nos espaces libres publics était lancée, on y gagnerait beaucoup.

Le sport associatif classique et le secteur de la santé ont également leur rôle à jouer lorsqu’il s’agit de créer des synergies. Le grand défi consiste à élaborer des stratégies communes pour des espaces d’activité physique urbains pensés de manière globale. La pertinence du sujet a été reconnue dans de nombreux domaines. Le moment est donc bien choisi pour donner le coup d’envoi d’une stratégie commune.

L’article est paru dans le Ga+La 11/2019. Cliquez ici pour accéder à la boutique.

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