21.01.2026

Opportunités

La situation de la nation artisanale

Président de l'Union centrale de l'artisanat allemand et lui-même maître peintre

Le week-end prochain, le 24 septembre 2017, se tiendront les 19e élections fédérales. Une bonne occasion pour l’auteur de STEIN, Bärbel Daiber, de demander au président de l’artisanat, Hans Peter Wollseifer, quelles sont les relations entre l’artisanat et la politique fédérale et quelles sont les exigences et les attentes de l’Union centrale de l’artisanat allemand (ZDH) vis-à-vis du futur gouvernement.

STEIN : Monsieur Wollseifer, l’artisanat et les PME sont enfin mieux considérés par les politiques. Quel en est l’impact et où cela fait-il encore défaut ?

Hans Peter Wollseifer : Les PME allemandes et, en tant que composante importante de celles-ci, plus d’un million d’entreprises artisanales se sont montrées très robustes en temps de crise. Elles se sont également distinguées comme le secteur économique sur lequel la politique peut compter, notamment en ce qui concerne les défis sociopolitiques majeurs tels que l’intégration des réfugiés. L’artisanat a un effet stabilisateur sur le plan sociopolitique et économique. Cela est dû en grande partie au système de formation en alternance, qui assure la qualité de la formation et la relève de la main-d’œuvre qualifiée. Même si la plupart des politiques sont désormais d’accord sur ce point, il reste encore beaucoup à faire en matière de soutien financier de la formation professionnelle et de promotion de la formation, par exemple pour la formation professionnelle supérieure. Pour que nos entreprises puissent continuer à prospérer, il faut en outre des conditions-cadres appropriées. La bureaucratie superflue doit être encore réduite. Et en ce qui concerne les charges fiscales et sociales, nos entreprises sont à la limite de la douleur. Pour qu’elles restent compétitives, les charges sociales ne doivent en aucun cas dépasser 40 % à l’avenir.

STEIN : Quelles sont les mesures urgentes qui n’ont pas été prises pour l’artisanat au cours de la dernière législature et auxquelles il faudrait maintenant s’attaquer d’urgence ?

Hans Peter Wollseifer : C’est précisément dans le contexte de la pénurie de main-d’œuvre qualifiée qu’il est urgent de rendre la formation professionnelle à nouveau plus attrayante pour les jeunes. Pour cela, il faut améliorer l’équipement de nos centres de formation professionnelle, mettre à jour les écoles professionnelles et renforcer globalement la promotion de la formation professionnelle. Après le succès du pacte pour l’enseignement supérieur, il faut maintenant un pacte pour la formation professionnelle, notamment pour exprimer l’équivalence entre la formation professionnelle et la formation universitaire. Nous n’avons cessé d’attirer l’attention sur le fait que beaucoup plus de rénovations énergétiques de bâtiments sont nécessaires si nous voulons atteindre les objectifs climatiques – des incitations fiscales peuvent contribuer de manière décisive à ce que des investissements soient réalisés. Nous pourrions déjà être bien plus avancés dans ce domaine. Ces dernières années, nous n’avons pas réussi à maîtriser les prix de l’électricité pour les moyennes entreprises et les ménages, et la taxe sur les énergies renouvelables ne cesse d’augmenter. Du point de vue de l’artisanat, il est inacceptable que les petites et moyennes entreprises soient obligées de payer pour les privilèges des grandes entreprises qui sont exemptées de la taxe.

STEIN : Quels sont les trois principaux thèmes de l’artisanat dont la politique doit maintenant s’occuper de toute urgence ? Et quelles sont les principales exigences de l’artisanat envers le futur gouvernement fédéral que vous en déduisez ?

Hans Peter Wollseifer : J’ai déjà évoqué le fait qu’il fallait agir d’urgence sur le financement de la transition énergétique. Les coûts doivent être répartis de manière équitable, les distorsions de concurrence doivent être évitées et un approvisionnement en énergie et en électricité sûr et abordable doit être garanti. Pour les entreprises artisanales des régions rurales en particulier, il est très important qu’elles aient accès à l’Internet rapide. Dans ce domaine, nous devons accélérer considérablement la connexion. Les entreprises ont également besoin d’une législation moderne en matière de données. En ce qui concerne les impôts et les cotisations sociales, il ne doit pas y avoir de charges supplémentaires pour nos entreprises. Je citerai par exemple le domaine de la retraite : Les erreurs du passé, comme la pension des mères ou la retraite à 63 ans, se retournent contre nous et grèvent chaque année la caisse de retraite de plusieurs milliards d’euros. Nous devons de toute urgence maîtriser les coûts de la retraite. Il ne devrait donc en aucun cas y avoir de nouvelles extensions de prestations qui devraient ensuite être financées par les cotisations. Il s’agit plutôt d’organiser la retraite de manière à ce qu’elle résiste à la démographie, par exemple en liant l’âge de la retraite à l’espérance de vie, comme ce sera le cas au Danemark.

STEIN : Merci beaucoup pour cet entretien.

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