Au total, il y avait 241 victimes, dont 211 femmes, le reste étant des hommes. Ils ont tous péri dans le cadre de la chasse aux sorcières à Eichstätt, dans l’Altmühltal bavarois. Aujourd’hui, une stèle en pierre naturelle se dresse sur l’ancien Galgenberg. Elle est destinée à commémorer les victimes de la chasse aux sorcières entre le 15e et le 18e siècle à Eichstätt.
“En dehors de la ville, entre les herbes et les buissons, la sculpture semble assez peu motivée. Mais la triste austérité du lieu du droit ou de l’injustice profite à l’autoréflexion”, explique le tailleur de pierre Rupert Fieger à propos de sa sculpture. Cet homme de 53 ans est à la fois tailleur de pierre, artiste et philosophe. Il ne parle pas seulement en symboles, mais travaille aussi avec eux.
Le bloc sombre en granit symbolise le Marteau des sorcières – une œuvre littéraire légitimant la chasse aux sorcières du 15e siècle. C’est la “force obscure” de l’œuvre de Fieger. Dans sa lourdeur, elle se heurte à des tubes métalliques qui se brisent et qui représentent la vie humaine sous forme de tiges fragiles. Le scénario est maintenu par une stèle allongée en calcaire jurassique, un matériau plus clair mais aussi plus tendre que le granit. “Il représente la patrie, les gens d’ici, ce qui est enraciné dans la société”, explique le tailleur de pierre d’Eichstätt. Car la pierre calcaire du Jura est un matériau local. Fieger l’achète dans la région voisine de Petersbuch. Il explique : “La pierre s’est formée à l’origine au fond de la mer. C’est par des dépôts de squelettes de petits organismes qu’elle a acquis sa masse”.
Rupert Fieger a conçu l’œuvre en 2011, initiée et financée par une association politique locale. La réalisation artisanale a pris environ une semaine et demie à Fieger. Nous avons choisi cette œuvre comme sculpture du mois en raison de sa force symbolique.
Pour en savoir plus sur Rupert Fieger, consultez son site Internet.
