Comme chacun sait, la Rhénanie-du-Nord-Westphalie est un pays de contrastes. Alors que dans le Pott, les gens se crachent presque mutuellement dans leurs saucisses au curry ou leurs kebabs à cause de la promiscuité, dans le Münsterland, la forêt de Teutoburg ou le Sauerland, le renard et le lièvre se disent bonne nuit. Ce qui n’empêche pas les habitants de la Ruhr de considérer ces régions comme les paysages de leurs aspirations. Les poumons verts de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie sont donc commercialisés en conséquence. Plus aucun village n’est dépourvu de la plaquette “Notre village doit être plus beau”. Et bien sûr, tous les itinéraires de randonnée, de jogging, de VTT et de bowling, tels que la route des châteaux d’eau de Westphalie, le Lippische Fürstentour, le Auf-zum-Herrmann-Weg, le Flora-Fauna-Teuto-Tour ou le sentier de grande randonnée Rothaarsteig, pour ne citer que quelques-uns des points forts.
Jusqu’ici, tout serait parfait, s’il n’y avait pas le maïs. En effet, des statistiques viennent d’être publiées, selon lesquelles la ceinture de culture de maïs la plus dense d’Allemagne s’étend de la Westphalie orientale-Lippe à la frontière néerlandaise dans l’ouest du Münsterland. Des grains de maïs au lieu de céréales. Jusqu’à soixante-dix pour cent des espaces verts seraient déjà exclusivement plantés de maïs. Il n’y a probablement rien de plus édifiant que de passer des heures à se promener, faire du jogging ou du vélo à travers des champs de maïs de la taille d’un homme, tout en admirant leur biodiversité. Mais ce n’est pas tout. C’est également dans cette ceinture de paysages que l’on trouve la plus grande densité d’élevage de porcs en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, suivie de la plus grande concentration de poulets de chair, et ainsi de suite.
Le secteur du tourisme devrait donc être complètement excité et flairer de nouveaux groupes cibles. En effet, qui n’aurait pas attendu depuis longtemps des offres aussi attrayantes que le sentier de randonnée longue distance numéro un sur le maïs, le grand tour croisé de la poitrine de porc ou le point culminant olfactif d’un parcours de parfum sur le poulailler ? Et pour les tout-petits, une ronde des queues annelées, bien que celles-ci soient censées avoir été retirées de force aux petits porcelets depuis longtemps. Et pour couronner toutes ces impressions, toute la famille peut enfin pique-niquer au bord d’un des paisibles lacs de lisier ou se doper en inhalant profondément quelques bouffées de biogaz régional dans l’une des installations du même nom.
Nos voisins néerlandais, situés juste derrière la frontière du Westmünsterland, nous ont montré avec “succès” qu’il était possible de résoudre autrement le problème des monocultures de maïs. Pour montrer la voie aux “Moffe”, les “Käsköppe” ont en effet arraché sans hésiter leurs plants de maïs et de pommes de terre et les ont remplacés par des vignes particulièrement résistantes à la pluie et au soleil. En un clin d’œil, des fermes hollandaises insignifiantes se sont transformées en véritables châteaux qui ne manquent pas de volontaires prêts à déguster. Mais le journal à succès “Landliebe”, publié à Münster, ne dit pas si la boisson proposée est potable. De même que, par amour de la campagne, il ne connaît pas non plus d’horizons couverts d’éoliennes, de terres de maïs, de fumées, ni d’odeurs infernales de poulets de chair, sans parler de toutes ces queues annelées coupées sans anesthésie. That’s Dreamland NRW, comme il vit, comme il rit, comme il chante, comme il cuisine, comme il mange et comme il boit.
