17.01.2026

Opportunités

La nouvelle loi sur l’inhumation à Brême : adieu les tailleurs de pierre ?

Depuis début 2015, une nouvelle loi sur l’inhumation est en vigueur à Brême – il y a une nouvelle exception à l’obligation d’aller au cimetière. Outre l’inhumation en mer et les caveaux familiaux autorisés, il est désormais permis de disperser les restes corporels sous forme de cendres sur un terrain privé, sur demande écrite du défunt. STEIN s’est entretenu avec Gabriele Friderich, conseillère d’État auprès du sénateur pour l’environnement, la construction et les transports de la ville libre hanséatique de Brême, sur les opportunités offertes par la nouvelle loi, y compris pour les tailleurs de pierre.

Y a-t-il déjà beaucoup de demandes pour disperser les cendres de défunts dans un lieu privé en dehors du cimetière ?

Il y a déjà eu environ 25 demandes. Une vingtaine d’entre elles ont été approuvées par le service de médecine légale compétent.

Comment procède-t-on pour obtenir une autorisation ?

Le dernier domicile du demandeur doit être à Brême. La preuve peut être par exemple la carte d’identité, le certificat de décès ou un avis d’imposition. En outre, une disposition écrite concernant le lieu de dispersion, c’est-à-dire le terrain privé sur lequel les cendres doivent être dispersées, est nécessaire. On peut citer ici un acte de propriété ou des déclarations sous serment des propriétaires. Le défunt désigne la personne qui doit s’occuper du défunt. Celui-ci doit ensuite déclarer sous serment qu’il a déposé les cendres sur le terrain privé prévu à cet effet.

Or, on entend souvent parler de problèmes en cas de changement de terrain ou de manque de possibilités de contrôle.

Nous n’avons pas connaissance de tels problèmes. La loi n’est en effet en vigueur que depuis le début de l’année. Mais en principe, il faut dire que lorsque les cendres d’un mort sont dispersées sur un terrain privé, il n’y a pas de charge au registre foncier. Il s’agit certes de restes humains qui doivent être dispersés avec respect. Mais les cendres sont des cendres. Les enterrements en mer, également autorisés à Brême, ne posent pas non plus de problème. Les cendres sont dispersées et rejoignent le cycle naturel de la terre. Le propriétaire d’un terrain doit réfléchir lui-même à la qualité qu’il souhaite accorder à une inhumation privée ou à une dispersion sur ce terrain. Cela n’est pas du ressort du législateur. La gestion du lieu de deuil non plus. En cas de vente, les proches devraient, le cas échéant, conclure des accords avec le nouveau propriétaire pour savoir si et comment une visite du mémorial est encore possible.
Concernant le contrôle : un contrôle n’est pas du tout nécessaire, car il est plutôt aberrant que l’urne soit conservée sur le manteau de la cheminée. Tout d’abord, la personne qui s’occupe du défunt doit signer une déclaration sous serment. Si elle ne dépose pas les cendres, elle se parjure. Qui prend ce risque – malgré la faible probabilité d’être pris ? Parallèlement, un dilemme moral se pose. En effet, le ou la mourant(e) planifie l’inhumation après la mort avec la personne désignée pour s’en occuper. Soit on va à l’encontre du souhait du mourant en conservant la dépouille, soit on conspire avec lui. Mais dans ce cas, il exige un prix élevé de la part de son pourvoyeur.

La nouvelle loi sur l’inhumation ne va-t-elle pas mettre des bâtons dans les roues des artisans travaillant dans les cimetières et de l’administration des cimetières elle-même – car des pertes financières sont prévisibles ?

Le cimetière évolue. Mais environ 95 pour cent des citoyens veulent toujours y être enterrés. Les cinq pour cent restants (au maximum) auront à peu près recours à l’épandage privé. Un lieu de deuil central a une signification importante pour les familles et les amis.
Cependant, il est absolument nécessaire que les corps de métier actifs dans les cimetières, comme les tailleurs de pierre ou les jardiniers de cimetière, intègrent les structures en mutation dans leur planification d’entreprise. En effet, nos concitoyens ne souhaitent pas seulement une dispersion sur des terrains privés ou des enterrements en mer, mais la tendance est à l’inhumation d’urnes ou de cimetières forestiers faciles à entretenir et peu coûteux. Le marché du cimetière évolue et il est possible et nécessaire de faire preuve de créativité face à ce changement. Pourquoi ne pas proposer des pierres commémoratives ou autres pour les lieux d’inhumation privés ? Pour les enterrements privés, il n’existe pas encore de rituels fixes. Si le marché change, il faut justement y réagir de manière flexible et créative. C’est aussi une chance à saisir !
En principe, un gouvernement national doit bien sûr suivre le souhait des citoyens et ne pas faire de protectionnisme de certains groupes professionnels. Et le souhait d’une libéralisation de l’obligation de fréquenter les cimetières est grand. L’Allemagne est relativement stricte dans ce domaine par rapport à d’autres pays comme les États-Unis ou la République tchèque.

Comment les gouvernements des Länder réagissent-ils dans toute l’Allemagne à la loi sur l’inhumation de Brême ?

Brême joue un rôle de pionnier pour l’ensemble de l’Allemagne. Nous avons déjà reçu de nombreuses demandes de différents pays qui souhaitent profiter de notre expérience. La loi est entrée en vigueur le 1er janvier 2015. Depuis, nous observons bien sûr de près ce qui se passe et où nous pouvons éventuellement optimiser les processus. Ainsi, de nombreux citoyens ont déjà déposé une demande alors que – aussi étrange que cela puisse paraître – ils n’étaient pas encore décédés. La demande ne peut être déposée que lorsque le décès est déjà survenu. Sinon, il faudrait par exemple réexaminer les conditions foncières ou l’assistance aux morts après le décès.

Quelles chances et quels problèmes voyez-vous dans la nouvelle loi sur l’inhumation ?

Nous avons gagné la liberté de décider de manière plus responsable de ce qu’il advient de nous après la mort. Plus rien ne s’oppose à un lieu de commémoration privé. De nouvelles possibilités s’ouvrent également aux artisans travaillant dans les cimetières – il est important d’adopter une approche créative du changement, afin de pouvoir évoluer de manière positive, tant sur le plan personnel que sur celui de l’entreprise.
Les problèmes peuvent provenir du manque de rituels. Comment créer une atmosphère digne ? Qui accomplit la cérémonie de deuil et comment celle-ci se présente-t-elle explicitement ? Le simple fait d’ouvrir l’urne dans un mouvement fluide afin de pouvoir disperser les restes pose déjà des problèmes. Quels sont les gestes ou les procédures appropriés ? C’est justement là que les pasteurs, les pompes funèbres, les jardiniers de cimetière ou les tailleurs de pierre peuvent intervenir.

Comment aimeriez-vous personnellement être enterré ?

Je peux très bien m’imaginer que mes cendres soient dispersées sur un terrain privé. Mais en même temps, il serait important pour moi d’avoir un lieu concret de recueillement – une petite pierre commémorative devrait orner le lieu de dispersion.

Scroll to Top