15.01.2026

Projets

La découverte du siècle à Eichstätt

mis à jour au niveau des hanches de la défunte. Photo : ProArch


Une découverte du siècle

Lors de la construction de la route de desserte d’un nouveau quartier à Pförring (district d’Eichstätt), les vestiges d’une tombe à chambre datant des environs de 400/450 après J.-C. se sont dessinés dans le sol de loess jaune. C’était à l’été 2016 et les scientifiques présentent maintenant leurs premières conclusions.

La présence d’un site germanique des 4e et 5e siècles, connue depuis plusieurs années déjà, laissait présager la présence de monuments dans le sol lors de la construction de Pförring. Les fouilles ont duré six semaines au total. Mais ce que les archéologues ont mis au jour sur un total de 13 planches est une petite sensation.

Il s’agit des restes d’une tombe à chambre en bois, non perturbée, “semblable à un petit appartement, de trois mètres sur trois, sur deux étages”, explique le professeur Mathias Pfeil, conservateur général. La personne inhumée, une jeune femme d’une vingtaine d’années, était étonnamment grande pour l’époque (1,70 m) et reposait sur un lit mortuaire. La richesse inhabituelle de son mobilier funéraire est remarquable. Environ 300 perles de verre, d’ambre et de corail ont été portées autour de la défunte en guise de parure traditionnelle, elle portait un anneau en or au doigt et une ceinture en bronze. Des récipients en céramique et en bois ainsi qu’une coupe pointue en verre étaient notamment placés au sous-sol.

Un des longs colliers d'ambre et de perles de verre mis au jour au niveau des hanches de la défunte. Photo : ProArch
Dans le sol de loess jaune clair, la découverte de la tombe à chambre en bois de Pförring est bien visible. Photo : ProArch
La restauratrice Svenja Kampe met à jour la parure de tête des personnes enterrées, récupérée dans le bloc. Photo : RESTAURO

Qui était cette femme ?

Selon le Dr Hubert Fehr, responsable de la région et archéologue en chef, c’est surtout la date de la tombe qui constitue une grande particularité – l’époque où l’Empire romain s’est effondré et où la période des grandes migrations a commencé. Jusqu’à présent, les sources archéologiques sont rares à ce sujet. Une interface peut toutefois être identifiée en ce qui concerne la situation géographique de la tombe à chambre. Elle se trouvait à l’époque du côté germanique, mais à moins d’un kilomètre du limes romain. “Ce site funéraire recèle certainement encore de nombreux secrets et contribuera, nous l’espérons, à nous ouvrir un peu plus à la préhistoire grise”, se réjouit le professeur Mathias Pfeil.

La seule chose qui semble certaine jusqu’à présent est qu’il devait s’agir d’une personne appartenant à la classe sociale supérieure. “La rareté se suffit à elle-même. Il s’agit d’une sépulture individuelle exceptionnelle de cette époque. En Bavière, il n’y en a même pas une poignée”, explique le Dr Jochen Haberstroh, chef d’unité du service de Munich. On espère obtenir des informations supplémentaires grâce à des analyses scientifiques. Mais tout d’abord, il faut dégager les parties du squelette et les objets récupérés dans le bloc. Le service bavarois bénéficie pour cela d’un soutien. “Nous nous réjouissons de la collaboration de Svenja Kampe. Cette restauratrice est une grande chance, car elle a rédigé son mémoire de master sur l’utilisation de la technique 3D pour documenter la récupération de blocs, et c’est exactement ce qu’elle fait maintenant ici”, explique le délégué régional Hubert Fehr. La restauratrice elle-même parle d’un “projet de rêve”.

Les travaux de restauration devraient être terminés au printemps de l’année prochaine. Les résultats sont attendus avec impatience.

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