Les visiteurs ont pu constater que non seulement le portail Eosander du côté ouest (portail n° 3) et le portail de l’arc de triomphe dans le grand foyer sont terminés. Le côté Lustgarten était également déjà visible. L’échafaudage a été démonté sur une largeur de 30 mètres spécialement pour les journées “Portails ouverts”, afin que les visiteurs puissent avoir une vue dégagée. La façade en crépi jaune clair avec les revêtements en grès naturel légèrement plus foncés des embrasures et des architraves des fenêtres offre maintenant une première impression. Il en résulte un nouveau bâtiment baroque clair et joyeux, qui n’a bien sûr jamais eu cet aspect, puisque tous les éléments en grès étaient à l’origine sertis.
Environ 50 fragments récupérés ont été intégrés dans le nouveau bâtiment après sa restauration. Comme ces pièces étaient fortement endommagées par les dégâts, le stockage et les intempéries et qu’elles contrastent donc avec les nouvelles pièces, l’impression est quelque peu étrange. La question de savoir si le bâtiment sera considéré comme un exemple de gestion des pertes est controversée. Quoi qu’il en soit, le bâtiment redonne au centre historique de la capitale son point de référence.
Informations de fond sur l’histoire du château et sur la nouvelle construction
La construction initiale du château a commencé en 1443 sous le prince électeur Eisenzahn. Le château des Hohenzollern a ensuite été profondément remanié et modernisé par les maîtres d’œuvre Schlüter et Eosander, et partiellement modifié par les maîtres d’œuvre Böhme, Gonthard, Langhans, Erdmannsdorff et Schinkel. Cette construction de style Renaissance, baroque, classique et historiciste est restée l’un des symboles les plus importants de Berlin jusqu’à sa destruction au printemps 1945 et son dynamitage en 1950.
Le nouveau château, construit à partir de 2013, doit être bien plus qu’un simple musée dans un nouveau bâtiment en béton recouvert d’un revêtement. Un dialogue multithématique des cultures du monde verra le jour. Les collections ethnologiques des Staatliche Museen zu Berlin Stiftung Preußischer Kulturbesitz, les collections de l’université Humboldt ainsi qu’un musée du site y trouveront un nouveau foyer. Ainsi, dans la perspective d’une influence mutuelle, le lien est établi entre les trésors artistiques classiques de l’île des musées, d’importance mondiale, et les collections ethnologiques et ethnographiques, tout en renouant avec l’utilisation du musée qui s’était partiellement installé dans le bâtiment après l’abdication des Hohenzollern en 1918.
Répartition des coûts du projet culturel
L’architecte italien Franco Stella a présenté en 2008 le projet gagnant pour le Humboldt Forum dans le château de Berlin. Le premier coup de pioche a été donné en 2013. Pour ce bâtiment de 35 mètres de haut (70 mètres avec la coupole), d’une longueur de 184 mètres et d’une largeur de 117 mètres, l’État fédéral a fixé le plafond des coûts à 590 millions d’euros. L’objectif de donation de 105 millions d’euros au total doit être atteint grâce à l’engagement infatigable de l’association de soutien.
Sur cette somme, 80 millions d’euros se taillent la part du lion pour la reconstruction de la façade historique. Les 25 millions d’euros restants sont prévus pour la reconstruction d’autres éléments comme la coupole et les portails intérieurs I, II et III. Actuellement, environ 63 millions d’euros de dons en espèces ont été collectés. En plus des dons en nature et des promesses de dons, dont la valeur est estimée à environ onze millions d’euros par le chef de l’association de promotion du château de Berlin, Wilhelm von Boddien, il manque encore 31 millions d’euros.
Rien ne s’opposerait à une ouverture fin 2019, car le grand projet est dans les temps, ce qui devrait constituer une particularité à Berlin. Il est étonnant que des projets de construction aussi compliqués que la Frauenkirche à Dresde et le château de Berlin puissent être réalisés dans les délais et le budget prévus.